Belgique en guerre / Personnalités

Amanda (Mouchka) Stassart

Auteur : Pahaut Claire (Institution : Historienne - Groupe Mémoire - Groep Herinnering")

Amanda, Mouchka, Stassart, (épouse Désir)

Résistante, hôtesse de l’air et attentive aux causes féminines, est née à Lausanne, le 17  février 1923, de parents belges. Elle est de ces femmes qui ont œuvré pour la défense des droits et des libertés. Présidente de l’Association des Hôtesses de l’Air de Belgique, elle représentait les dames de Ravensbrück au sein du Groupe Mémoire- Groep Herinnering.

Un engagement

Elevée par sa grand-mère, à Ixelles, elle rejoint ses parents à Paris en 1934. Elle rêve de s’inscrire à la Sorbonne et d’y étudier le droit international. Mais la guerre éclate et ses espérances se heurtent aux mesures restrictives de l’occupant. Fermeture de la Sorbonne, disparition de son amie Milka raflée au Vel d’Hiv, le 17 juillet 1942, départ de son père dans le maquis.

Mouchka partage alors avec sa mère, son désir d’entrer en résistance. Elle sera présentée au comte Jacques le Grelle, dit Jérôme, responsable à Paris de la ligne d’évasion Comète. Sous le nom de Diane, elle devient guide, chargée du passage frontalier des aviateurs entre Bruxelles et Paris et de leur garantir le gîte, les vêtements et les papiers.  Mais la Ligne est infiltrée par des agents doubles. Mouchka vit continuellement dans la peur. Ce n’est pas la peur de la mort qui la poursuit mais la crainte de ne pas réussir

 

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Institution : Archives privées
Droits d'auteur : Droits réservés
Légende d'origine : Mouchka avec son amie juive Milka, avant la rafle du Vel-d'Hiv en juillet 1942

Sauver des vies

Le 15 février 1944, à 7h. du matin, la Gestapo l’arrête et l’emmène à son siège central, rue des Saussaies à Paris. Considérée comme un des derniers chaînons de la Ligne, elle représente un haut potentiel pour l’officine policière. Au plus fort des interrogatoires, elle se souvient de sa grand-mère, de sa dignité, de sa force. Incarcérée trois mois à Fresnes, puis à Romainville, elle est déportée avec sa mère, le 22 avril 1944 à Ravensbrück, comme Nacht und Nebel.

« Le 25 février 1945, Mouchka pousse la charrette et conduit sa mère au four. Elles s’étaient engagées à sauver des vies et sa mère n’était plus que cendres. Où était sa résistance ? » (Extrait de son récit de vie). Après l’arrivée des Juives au camp de Ravensbrück, fin janvier 1945, le surpeuplement provoque la mise en place d’un plan exterminatoire pour les femmes âgées et inaptes au travail. Des NN, dont Mouchka, partent en transport vers un camp d’hommes, Mauthausen.

Elles y seront libérées le 22 avril 1945 par la Croix-Rouge. Elle rentre seule à Paris retrouver son père. Mais ce dernier est en fait décédé début avril 1945 lors du bombardement en tapis de la Boëlcke Kaserne, un mouroir du camp de Dora.  Elle n’en sera finalement informée qu’en 2002, un décès confirmé par les recherches du CICR (Comité International de la Croix-Rouge). Une famille engagée, une famille décimée, une expérience indicible.

Je vous le dis, j’aime la vie, mon pays, ma patrie

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Institution : Collection privée
Droits d'auteur : Claire Pahaut
Légende d'origine : Inauguration du Mémorial en hommage aux Dames de Ravensbrück, Mouchka Stassart en compagnie de la Reine Paola, Espace Marguerite Bervoets, Woluwe-Saint-Lambert.

Les compagnies aériennes SABENA et TEA (Trans European Airways), seront ses nouveaux lieux de lutte pour  l’égalité hommes-femmes. Au sein de cette dernière compagnie, elle participe à l’opération d’évacuation massive des Falachas d’Ethiopie vers Israël. A l’âge de la retraite, elle s’engage et témoigne de son expérience auprès d’adolescents.
Elle-même n’a pu avoir d’enfant après avoir été stérilisée lors de son internement dans les camps. Elle décède en 2013.

 

Bibliographie

28027 Articles Femmes dans la résistance Maerten Fabrice