Belgique en guerre / Personnalités

Andrée de Jongh

Thème - Résistance

Auteur : d'Udekem d'Acoz Marie-Pierre

Aider des soldats britanniques à rentrer chez eux

Andrée de Jongh (1916-2007) voit le jour à Schaerbeek. Sa sœur et elle grandissent dans une famille de condition modeste, choyées par des parents instituteurs, cultivés et patriotes. La capitulation du 28 mai 1940 est un choc pour son père, Frédéric de Jongh, ancien combattant de la Grande Guerre. Andrée, qui est dessinatrice publicitaire et qui a un brevet d’ambulancière part immédiatement soigner les soldats alliés hospitalisés à Bruges. De cet engagement en découlera un autre : l’aide aux soldats britanniques pris au piège dans le pays occupé. Afin de permettre à ces hommes de rentrer chez eux, elle crée une filière d’évasion en été 1941 avec Arnold Deppé, qui trouve l’indispensable relais dans les Pyrénées mais sera arrêté dès leur deuxième voyage. 

Andrée de Jongh
Institution : coll. privée M.P.d'Udekem d'Acoz
Légende d'origine : Andrée de Jongh (1941)

« Petit cyclone » dirige Comète

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : CegeSoma
Légende d'origine : Andrée de Jongh et son père en 1940

Dès lors, Andrée, dite Dédée ou Cyclone, n’a de cesse de peaufiner son projet : en obtenant l’appui des services secrets britanniques basés en Espagne, en acceptant l’aide de son père, en dirigeant son réseau jour après jour d’une main de fer dans un gant de velours. À la demande de son interlocuteur du MI9, son réseau, baptisé « Dédée-line », puis « Comète », oriente ses efforts sur le rapatriement des aviateurs alliés tombés en territoire ennemi. 

« Combattre sans tuer »

Portée par cette résistance qui consiste à « combattre sans tuer » (devise qu’elle choisira après la guerre pour l’Amicale Comète), Dédée puise aussi sa motivation dans le désarroi et la reconnaissance de ces hommes, devenus des ‘colis’ voire ses ‘enfants’, qui n’ont d’autre choix que de confier leur destin à des inconnus. Elle tient à les accompagner dans la traversée des Pyrénées qui s’effectue à pied pour les remettre aux services secrets britanniques. Les arrestations se succèdent dans la filière d’évasion par définition pénétrable. Ce moment tragique, que Dédée sait inéluctable, survient le 15 janvier 1943 ; elle est arrêtée juste avant d’entamer sa vingt-troisième traversée et est déportée en Allemagne. Elle survit à Ravensbrück et à Mauthausen. Son père, lui, n’aura pas cette chance. Arrêté à Paris en juin 1943, il est fusillé au Mont Valérien quelques mois plus tard.

Fiche Andrée de Jongh
Institution : coll. privée M.P. d'Udekem d'Acoz
Légende d'origine : Fiche NN Andrée de Jongh

Une nouvelle vocation

Le retour à la vie normale doit s’opérer malgré la longue liste des membres du réseau décédés en déportation, disparus ou fusillés, dont son propre père. Le besoin de redonner un sens à une vie hors du commun conduit Dédée à entreprendre des études d’infirmière en 1950. Quatre ans plus tard, elle rejoint le Congo pour y soigner les lépreux et consacrera le reste de sa vie à ses nouveaux ‘enfants’. 

Bibliographie

Marie-Pierre d'Udekem d'Acoz, Andrée de Jongh : une vie de résistante, Bruxelles : Racine, 2016. 

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