Belgique en guerre / Personnalités

Arnaud Fraiteur

Thème - Résistance

Auteur : Maerten Fabrice (Institution : CegeSoma)

Un engagement précoce

Né dans une famille de la grande bourgeoisie, le jeune Arnaud Fraiteur s’engage en résistance alors qu’il achève ses humanités à l’Athénée d’Uccle. A l’automne 1942, il entame des études d’ingénieur civil dans le cadre des cours clandestins de l’Université libre de Bruxelles, bien qu’étant officiellement inscrit à l’Université de Liège. Evoluant dans un milieu acquis à la résistance, il entre rapidement en contact avec des membres des Partisans, le bras armé du Parti communiste. 

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : CegeSoma
Légende d'origine : Arnaud Fraiteur

La spirale de la violence

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Institution : Carcob
Droits d'auteur : Carcob

A partir de l’automne 1942, la stratégie des Partisans armés se radicalise. Il ne s’agit plus seulement de cibles économiques et autres actes de sabotage, ce sont désormais des personnes qui sont visées : des collaborateurs voire directement l’occupant. Devenu en novembre 1942 agent de liaison dans ce mouvement, Arnaud Fraiteur participe dans les premiers mois de 1943 à la destruction de fichiers servant à la mise au travail en Allemagne ainsi qu’à plusieurs attentats contre des collaborateurs et des membres de l’armée d’occupation.

Ces attentats entrainent des actes de représailles de la part de l’occupant, en particulier lorsque les victimes sont allemandes. Malgré ce climat tendu, les actes de violence se multiplient. A leur tour, ils entraînent des condamnations à mort et des exécutions de la part de l’occupant.  

L’attentat contre Paul Colin

Fin mars 1943, le commandement national des Partisans armés décide de monter une importante opération voulant prouver que l’organisation peut frapper quand et où elle le souhaite. Dans la ligne de mire : le journaliste et directeur du Nouveau Journal,Paul Colin. Trois partisans sont chargés de préparer l’attentat : Arnaud Fraiteur, André Bertulot et Maurice Raskin. Alors que ses deux complices l’attendent à l’extérieur de la librairie du Nouveau Journal, c’est le jeune Arnaud Fraiteur qui fait feu à trois reprises sur Colin le 14 avril 1943. L’homme est mortellement blessé, tout comme son garde du corps Gaston Bekeman. Bertulot est arrêté le jour même, Raskin le lendemain. La police allemande veut à tout prix la peau de Fraiteur. Une récompense est promise. Trahi, le jeune homme est finalement arrêté dans les environs de Bruxelles quelques jours plus tard.

Un procès symbolique

Après leur arrestation, les trois hommes sont torturés. Un simulacre de procès est organisé le 6 mai 1943 devant le Conseil de Guerre de l’Oberfeldkommandantur de Bruxelles. Le trio est également inculpé et condamné pour le meurtre du journaliste Louis Fonsny et l’agression contre le colonel de gendarmerie Adrien Emile Van Coppenolle. Pour la première fois, la presse est autorisée à publier le compte rendu d’un procès intenté par l’occupant. L’objectif est de faire peur et de décourager toute forme de résistance. Sans surprise, les trois hommes sont déclarés coupables et pendus le 10 mai 1943 au fort de Breendonk. Ils sont ensuite inhumés à l’Enclos des Fusillés à Schaerbeek.

Bibliographie

Plainevaux, Jean, « Arnaud Fraiteur », in : Biographie nationale : Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. 44, fasc. 2, 1986, col. 495-504.

Kesteloot Chantal, “Bruxelles, 15 avril 1943” in De Wever Bruno, Van Asch Martine, Van Doorslaer Rudi (dir.), Belges en guerre. Images inconnues, histoires insolites, Waterloo, La Renaissance du Livre, 2013, pp. 94-99.

Voir aussi