Belgique en guerre / Personnalités

Gaston Schuind

Auteur : Zurné Jan Julia (Institution : CegeSoma)

Contrepoids

Gaston Schuind (1889-1948) est, dans l'entre-deux-guerres, conseiller près la Cour d'appel de Bruxelles. En avril 1941, il est nommé secrétaire général du ministère de la Justice. Le magistrat catholique doit faire contrepoids au secrétaire général du ministère de l'Intérieur, le nationaliste flamand Gerard Romsée. Mais Schuind se montre moins loyal que ne s'attendaient ses collègues. Il attache une grande valeur au maintien de l'ordre public, menacé par des actes de violence commis par des groupes de résistants. Schuind s'en tient à la politique du moindre mal, alors que de nombreux hauts magistrats n'y croient déjà plus.

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Institution : CegeSoma
Collection : Belgapress
Droits d'auteur : CegeSoma
Légende d'origine : La plus récente photo de M. Schuind. [censure photographique]

Interdit professionnel

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Institution : AGR-CegeSoma
Collection : Photos des archives de la police judiciaire de Bruxelles en rapport avec les attentats, les sabotages et les vols ("Attentats Occipation"), 1940-1944
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Non légendée
Légende Web :

Ses collègues belges ne sont pas les seuls à avoir quelques difficultés avec Schuind : aux yeux des autorités allemandes, il n'intervient pas assez fermement contre les attentats dont sont victimes des collaborateurs, et il ne tient pas suffisamment en main le pouvoir judiciaire. En septembre 1943, il est frappé d'un interdit professionnel. Officiellement, on lui reproche d'avoir protesté contre la réquisition des cloches des églises. Mais le fait qu'il n'ait pas pu persuader la magistrature de continuer à coopérer avec le pouvoir occupant est un motif au moins aussi important pour expliquer son renvoi.

La sanction

Après la Libération, l'auditorat général ouvre une instruction contre Schuind. L'ancien secrétaire général se voit comme le chef d'une 'armée officielle de la résistance' et estime qu'il a su préserver la magistrature des ingérences allemandes. Il persiste à considérer les actes de violence commis par des groupes de résistants communistes sous l'Occupation comme une forme de terrorisme qu'il  fallait donc combattre avec fermeté. Le conseil de guerre voit les choses différemment et condamne Schuind à une peine de cinq ans de prison pour collaboration politique. L'ancien secrétaire général est autorisé, vu son état de santé, à purger partiellement sa peine chez lui. Il décède moins d'un an après sa condamnation.

Bibliographie

Wouters, Nico. De Führerstaat: Overheid En Collaboratie in België (1940-1944). Tielt: Lannoo, 2006.

Zurné, Jan Julia. “‘Een Buitengewoon Verontrustend Gewetensprobleem’. De Belgische Magistratuur En Door Verzetsgropen Gepleegd Geweld Tegen Collaborateurs 1940-1950.” Ph.D. Thesis, Universiteit Gent, 2016.

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