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Les commémorations de la libération de septembre 1944 à Mons : les secrets d’un succès populaire

Auteur : Muller Pierre

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Pierre Muller

Doctorant en histoire contemporaine à l’U.C.L. et militaire de réserve au sein de la composante Marine. Ses travaux portent sur les deux guerres mondiales et l’après-guerre.

Après le succès des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale, la Ville de Mons a voulu remettre le couvert à l’occasion des 75 ans de sa libération par les troupes américaines. Une nouvelle fois, le public s’est déplacé en masse. Quels sont les ingrédients de cette réussite ?  

​ Une coopération réussie entre de nombreux acteurs

Indubitablement, les commémorations de la libération des 31 août et 1er septembre à Mons sont le fruit d’un important travail d’équipe. Celles-ci ont entraîné la participation d’un nombre important d’acteurs locaux ou nationaux : la Ville de Mons, le Mons Memorial Museum, les forces armées belges et américaines, l’association montoise « Mons devoir de mémoire », les groupements patriotiques, ainsi que le War Heritage Institute. De même, divers groupements artistiques ont été impliqués de près ou de loin dans les cérémonies et festivités. Si la collaboration entre les uns et les autres n’est pas toujours évidente du fait d’envies ou d’obligations parfois divergentes, chacun de ces acteurs a trouvé sa place dans ces commémorations sans qu’aucun « couac » ne soit à signaler (si ce n’est la disparition d’un blindé américain sensé participer au défilé du dimanche après-midi). Cette cohésion entre les acteurs et leur volonté de donner le meilleur d’eux-mêmes a été incontestablement un facteur déterminant dans la réussite des activités.


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Auteur : Pierre Muller
Auteursrecht : Pierre Muller
Oorspronkelijke legende : Les blindés foulent les sentiers empruntés par leurs prédécesseurs 75 ans plus tôt.

Des activités qui sortent de l’ordinaire

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Auteur : Pierre Muller
Auteursrecht : Pierre Muller
Oorspronkelijke legende : Dans les villages de la région de Mons, le public réserve un accueil enthousiaste à la colonne de véhicules.

Le nombre élevé d’acteurs mobilisés pour cette commémoration a permis à la Ville de Mons de proposer au public un programme riche et varié : expositions et démonstrations de matériels militaires de la Seconde Guerre mondiale, bal de la libération, cérémonies patriotiques, etc. Le « bal libération » et le défilé des chars ont certainement été les deux activités ayant drainé le plus de public. L’ambiance du bal, bercé par les airs de jazz, a été grandement appréciée par tous les mélomanes ou danseurs présents. Les chars et autres blindés ont attiré de nombreux badauds au bord des routes en sillonnant la région de Mons selon le trajet parcouru par les libérateurs américains 75 ans plus tôt. Autre moment fort, l’inauguration du char « In the mood III » qui trônera dorénavant devant le Mons Memorial Museum. Avec l’arrivée de ce blindé, Mons a le privilège unique au monde de posséder deux chars ayant effectivement participé à sa libération en 1944 (la Ville possède déjà depuis quelques années le premier char ayant participé à sa libération : le Fish n’chips). Ces différentes activités étaient la plupart du temps concentrées autour du Mons Memorial Museum, mettant ce musée en valeur. 

Un équilibre fragile, mais réussi, entre fond et forme

L’élément principal du succès populaire est certainement l’alliage réalisé entre des activités destinées à attirer le public et la communication de contenus scientifiques et mémoriels. L’exemple le plus frappant est la cérémonie sur la Grand-Place, où une armada de véhicules blindés ont été présentés au public. Le fait de présenter des véhicules de la Seconde Guerre mondiale a été grandement apprécié par la foule présente, qui avait l’impression de contempler un musée dynamique. Toutefois, sans les commentaires d’un historien et d’un spécialiste des blindés, et sans les moments d’émotion et de recueillement parsemés par les lectures de témoignages, ces commémorations auraient été une coquille vide. C’est pourquoi les organisateurs doivent à l’avenir prendre garde à ce que ces commémorations ne deviennent pas un évènement davantage folklorique que mémoriel. Néanmoins, et c’est important, leur manière d’envisager les commémorations innove par sa fraîcheur. Le public ne s’y est pas trompé et a répondu « présent ».

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