Belgien im Krieg / Artikel

Femmes dans la collaboration

Thema - Kollaboration

Verfasser : Roeges Mathieu (Institution : CegeSoma)

Sur l'ensemble des personnes condamnées en Belgique pour faits de collaborations, 18 pourcent sont des femmes. Ce chiffre a l’air relativement peu élevé, mais il faut garder à l’esprit que la collaboration militaire, qui a constitué une grande part des condamnations, fut un phénomène essentiellement masculin. 

Un engagement politique et culturel

A l’instar des hommes, de nombreuses femmes ont été condamnées pour leur engagement politique et culturel dans des organisations rejoignant idéologiquement l’Ordre nouveau. Des partis et organisations comme Rex, le Vlaams Nationaal Verbond (VNV) ou DeVlag promouvaient l’image de la mère au foyer tout en mettant l’accent sur le rôle social des femmes, notamment dans les secteurs de l’aide à la famille et de l'assistance médicale. Il existait aussi des mouvements pour jeunes filles, comme les Dietsche Meisjesscharen qui, parallèlement à des activités de plein-air, distillaient l’idéologie nationale-socialiste à leurs membres, soutenaient le travail volontaire en Allemagne et défilaient au coté de membres des SS.

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Institution : CegeSoma
Sammlung : Belgapress
Urheberrecht : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Non légendée

L’image de la dénonciatrice

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Institution : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Non légendée

Une image fréquemment assimilée à la collaboration féminine est celle de la dénonciatrice. S’il est vrai que la proportion de femmes est la plus élevée pour cette infraction, il est intéressant de noter que ceci relève plus souvent de dénonciations uniques et occasionnelles que chez les hommes, plus prompt à faire de la délation une activité récurrente et ‘professionnelle’. 

Femme armée ?

Enfin, quelques femmes ont bel et bien été condamnées pour avoir « porté les armes contre la Belgique ». Dans la plupart des cas il s’agissait d’aide apportée à l’ennemi au niveau logistique, pour le transport ou pour effectuer des tâches d’entretien ou de nettoyage. 

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Institution : CegeSoma
Sammlung : Sipho
Urheberrecht : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Non légendée

‘Tontes’ et scènes de violence

Au sortir de la guerre, la population a aussi pris à partie celles suspectées d’avoir entretenu de relations sentimentales avec les Allemands ou collaborateurs, partant du principe qu’il s’agissait là d’une forme de ‘collaboration intime’. Les ‘tontes’ et les violences à l’encontre de ces femmes ont formé un exutoire triste à la haine, aux frustrations et peurs accumulés pendant l’Occupation. Tout en les dépossédant de leur propre corps, ces exactions ont aussi alimenté une mythologie de la femme incivique, amorale, lubrique et cupide souvent éloignée de la diversité de réalités dont relève la collaboration féminine.

Bibliographie

Balace, Francis. « “Les hoquets de la liberté” ». Jours de paix (Jour de guerre), no 22-23‑24 (2001): 75‑132.

Ben Djaffar, Lamya. « Les femmes et l’ordre nouveau en Belgique francophone, 1936-1945 ». Cahiers d’Histoire du Temps Présent/Bijdragen tot de Eigentijdse Geschiedenis, no 4 (1998): 143‑71.

Roeges, Mathieu. « “Perverse, dangereuse, intrigante...” : les stéréotypes entourant la femme incivique à travers les procès des condamnées à mort par la justice belge après la Seconde Guerre mondiale ». Cahiers d’Histoire du Temps Présent/Bijdragen tot de Eigentijdse Geschiedenis, no 20 (2008): 195‑232.

Van Loon, Caroline. « De geschorene en de scheerster. De vrouw in de straatsrepressie na de tweede Wereldoorlog ». Cahiers d’Histoire du Temps Présent/Bijdragen tot de Eigentijdse Geschiedenis, no 19 (2008): 45‑78.


Pour en savoir plus...

33400.jpg Artikel Politische Kollaboration De Wever Bruno
aa-684-iv_braine-l-alleud_lettres-de-dAnonciation-1943 Artikel Denunziation an den Feind Leenders Gertjan
283554 Artikel Rex Conway Martin
260608.jpg Artikel Vlaams Nationaal Verbond (VNV) De Wever Bruno