Belgien im Krieg / Persönlichkeiten

Gerard Romsée

Thema - Kollaboration

Verfasser : Wouters Nico (Institution : CegeSoma)

Membre du Conseil de direction du Vlaams Nationaal Verbond (VNV) et principal cheville ouvrière de la collaboration administrative en Belgique sous l'Occupation en sa qualité de secrétaire général de l'Intérieur.

Nomination

Gerard Romsée (1901-1976) est, à la veille de l'Occupation allemande, président du groupe VNV de la Chambre. Il est considéré comme un représentant de l'aile modérée du parti.

En août 1940, Romsée est nommé gouverneur (ad intérim) du Limbourg. En mars 1941, il est nommé secrétaire général du ministère de l'Intérieur. Sa candidature est fortement appuyée par l'occupant allemand. Sa nomination est un compromis et, en réalité, un lot de consolation : le poste de secrétaire général à la Justice ne revient pas à un collaborateur.

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Sammlung : Belgapress
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Legende des Ursprungs : Le Secrétaire-général Romsée. [censure photographique]

Politique

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Institution : CegeSoma
Urheberrecht : Droits Réservés
Legende des Ursprungs : Non légendée

Un des premiers grands 'chantiers' de Romsée est la réforme des administrations locales en Belgique. En 1941, Romsée instaure de facto le Führerprinzip au niveau communal. Il nomme des membres de Rex et du VNV dans son cabinet, lesquels organisent la politique de nomination de membres de leur parti (en particulier parmi les bourgmestres). Romsée met également sur pied sept grandes agglomérations. Sa politique constitue ainsi, en définitive, la clef principale de la prise de pouvoir des partis de collaboration au niveau local.

Un deuxième grand 'chantier' concerne le maintien de l'ordre et la sécurité intérieure. Romsée intègre le Luitenant De Winde-kring, un mouvement de collaboration, au sein de la gendarmerie et réforme la Police générale du Royaume dont le chef est Adriaan E. Van Coppenolle (par la suite, il en fera le commandant national de la gendarmerie). Il centralise la formation, le recrutement et le contrôle de la police communale et de la gendarmerie. Romsée est favorable à une collaboration poussée des services d'ordre, des services de renseignement et de la justice belges avec l'occupant allemand. Sa politique cherche à tracer les contours de cette collaboration, mais n’aboutit finalement pas.

Par ailleurs, il crée notamment divers nouveaux organismes comme l'Ordre des médecins, l'Ordre des pharmaciens et le Service de contrôle. Il est de plus en plus frustré par la passivité de la justice belge et entre en conflit avec son collègue du département de la Justice.

Évaluation

Gerard Romsée n'a de cesse de se présenter en fonctionnaire 'neutre' et apolitique. Lors de sa nomination en mars 1941, il démissionne du VNV et prête le serment de fidélité à la Belgique. Il fait usage, à tout moment, d'un vocabulaire strictement administratif. Il évite soigneusement toute déclaration ou activité politique, ou toute autre expression symbolique à valeur politique. Il souligne systématiquement que ses décisions politiques sont 'd'une extrême urgence' et nécessaires à l'intérêt général. Il fait également preuve de prudence en préférant les instructions orales (au papier). Le caractère de Romsée n'y est pas étranger : il est taciturne, renfermé, un peu timide et, en définitive, difficile à percer à jour. En fait, Romsée fait du département de l'Intérieur un centre de gravité de la collaboration politique.

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Institution : CegeSoma
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Legende des Ursprungs : Non légendée

Le procès

Les points principaux mis à sa charge lors de son procès au lendemain de la guerre sont son rôle à l'intérieur du VNV, l'organisation de son cabinet et la nomination de bourgmestres membres du VNV, les grandes agglomérations, la création de la Commission consultative de l'enseignement et de l'Ordre des médecins, son contrôle du Service des volontaires du travail, la préparation d'une police d’État, l'intégration du Luitenant De Winde-kring à la gendarmerie, la pression exercée sur les services d'ordre belgespour qu'ils collaborent avec l'occupant, la création du Service de contrôle et la reprise du commandement de la gendarmerie.

Mais des circonstances atténuantes, explicites, sont également mises en avant lors du procès : son rôle au sein de la Commission au rapatriement en 1940, ses interventions auprès des Allemands en faveur de certains individus, le fait qu'il ait combattu la mortalité infantile par le biais de diverses initiatives sociales, son aide à certains prisonniers de guerre belges et à certains Juifs.

Dans sa défense lors de son procès d'après-guerre, Romsée campe sur sa neutralité en tant que fonctionnaire. Il affirme que toutes ses décisions étaient d'une 'extrême urgence' pour l'intérêt général. Il est condamné en appel à vingt ans de réclusion (1948) mais bénéficie d'une libération anticipée en 1954 et est réhabilité en 1966.

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Institution : CegeSoma
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Legende des Ursprungs : G. Romsée, Van Heukelom, Dr Borms, Senator Lindekens te Lommel 1933

Bibliographie

De Wever, Bruno. Greep Naar de Macht: Vlaams-Nationalisme En Nieuwe Orde: Het VNV, 1933-1945. Tielt - Gent: Lannoo - Perspectief, 1994.

Wouters, Nico. De Führerstaat: Overheid En Collaboratie in België (1940-1944). Tielt: Lannoo, 2006.

Wouters, Nico. Oorlogsburgemeesters 40/44: Lokaal Bestuur En Collaboratie in België. Tielt: Lannoo, 2004.

Raskin, Evrard. Gerard Romsée: Een Ongewone Man, Een Ongewoon Leven. Antwerpen: Hadewijch, 1995.Wouters, Nico. “Romsée, Gerard.” In Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, 2648–50. Tielt: Lannoo, 1998.

Pour en savoir plus...

5825.jpg Artikel Verwaltungskollaboration Wouters Nico
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30427.jpg Artikel Infiltration Wouters Nico