Belgique en guerre / Lieux

Anvers

Thème - Collaboration

Auteur : Vrints Antoon (Institution : UGent)

La politique d'accommodation des élites d'avant-guerre

La prise de pouvoir des collaborateurs est plus lente et plus partielle à Anvers que dans beaucoup d'autres villes et communes du pays. La politique d'accommodation, la collaboration avec l'occupant de groupes importants des élites d'avant-guerre sous la direction du bourgmestre Leo Delwaide (parti catholique),y reste longtemps prédominante. Tel est le souhait de l'administration militaire allemande, désireuse qu'il en soit ainsi dans cette ville portuaire d'une grande importance stratégique et économique. Contrairement à ce qui se passe ailleurs en Flandre, on ne juge pas opportun de permettre au Vlaams Nationaal Verbond (VNV) d'y prendre d'emblée le pouvoir, peut-être parce que le VNV n'était pas particulièrement puissant avant la guerre à Anvers.

Il faut attendre la création du Grand Anvers en 1942 pour que des personnalités favorables à l'Ordre nouveau entrent au collège échevinal, et c'est en 1944 seulement qu'elles réussissent à prendre le dessus. Par contre, beaucoup d'organisations national-socialistes, pangermanistes et racistes sont actives à Anvers. Elles prennent pour cible, en particulier, la présence juive dans la ville. Ce qui conduit notamment à un pogrom le 14 avril 1941, au cours duquel des membres de Volksverwering (une organisation antisémite), de l'Algemene SS-Vlaanderen et de la Dietsche Militie-Zwarte Brigade mettent le feu à des synagogues et au domicile d'un rabbin.

100641
Auteur : Otto Kropf
Institution : CegeSoma
Collection : Spronk
Droits d'auteur : Spronk
Légende d'origine : Non légendée

Le lourd tribut des persécutions antijuives

Razzia Antwerpen
Institution : Caserne Dossin
Droits d'auteur : KD, design: Cathy César
Légende d'origine : non légendée
Légende Web : Le périmètre de la première rafle, 15-16 août 1942, Anvers.

Les persécutions antijuives menées pour le compte de l'occupant imposent un tribut particulièrement lourd à la ville : 65 % environ de la population juive d'Anvers est déportée dans les camps d'extermination avec la collaboration de la police anversoise, alors que dans les autres grandes villes belges, cette proportion ne dépasse pas 40%. Dix mille Juifs d'Anvers disparaissent à jamais.

Pour expliquer ce chiffre élevé, les historiens avancent plusieurs facteurs. L'antisémitisme aurait exercé sur les élites catholiques et nationalistes flamandes d'Anvers un attrait particulier. L'unification des services de police et de l'administration au sein du Grand Anvers aurait facilité la déportation. Mais surtout, les historiens soulignent combien le bourgmestre et le procureur du Roi ont poussé fort loin la politique d'accommodation.

Pour en savoir plus...

17536.jpg Articles Collaboration De Wever Bruno
bso-97-j-bourgeois.jpg Articles Persécution des Juifs sous l'Occupation allemande Schram Laurence
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