Belgique en guerre / Lieux

Breendonk

Thème - Collaboration - Justice

Auteur : Nefors Patrick (Institution : MRA)

Fort belge, puis « Auffanglager »

Le Fort de Breendonk est édifié en 1906. C'est l'un des forts censés protéger Anvers en cas d'invasion. L'armée belge y installe son Grand Quartier Général du 10 au 17 mai 1940. Le roi Léopold III y séjourne en sa qualité de commandant en chef de l'armée. Après quatre mois d'occupation allemande, le Sipo-SD y installe un Auffanglager (camp d'accueil) pour les prisonniers venus de Belgique et du Nord de la France.

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Auteur : Otto Kropf
Institution : CegeSoma
Collection : Spronk
Droits d'auteur : Spronk
Légende d'origine : Non légendée

« Camp d'accueil », devenu « l'enfer de Breendonk »

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Auteur : Otto Kropf
Institution : CegeSoma
Collection : Spronk
Droits d'auteur : Spronk
Légende d'origine : Non légendée

La transformation commence à petite échelle : les quatre premiers prisonniers arrivent le 20 septembre. Peu à peu, le camp devient « l'enfer de Breendonk », symbole sinistre de l'Occupation nazie. Au départ, on y enferme surtout des Juifs -  victimes de la politique antisémite de l'occupant - et des prisonniers politiques belges. Fin 1941, après l'invasion allemande en Union soviétique, on y voit arriver bon nombre de communistes et de Russes.

À l'été de 1942 s'ouvre la caserne Dossin à Malines et  la plupart des Juifs quittent Breendonk. Le Fort devient alors principalement un camp de prisonniers pour des résistants belges, avec des cellules d'isolement (1941-1942), une chambre de torture (été 1942) et un terrain d'exécution (novembre 1942). Les exécutions résultent de la politique mené par l'occupant en matière d'otages. La potence, érigée en mai 1943, sert à exécuter par pendaison les condamnés à mort.

Paul Levy, Journaliste résistant : « Nous étions des morceaux, nous n'étions plus des hommes» ( Breendonk, 9/05/1985, RTBF)

Témoignage d’une ancien détenue du camps de Breendonk ,«  on m'a suspendu à cette poulie tout en me battant »( Breendonk, 9/05/1985, RTBF

Témoignage d’un ancien détenu du camps de Breendonk, «  Il fallait se caler en position et encaisser» ( Breendonk, 9/05/1985, RTBF)

La moitié des 3.600 prisonniers ne survivront pas

Breendonk comptera au total quelque 3.600 prisonniers. Parmi eux, 77 décèdent sur place en raison des mauvais traitements (violences, sous-alimentation, travail forcé, suicides), 184 sont fusillés et 23 pendus. À partir du 22 septembre 1941, lorsque le premier convoi part pour le camp de concentration allemand de Neuengamme, Breendonk est un camp de transit d'où seront déportés plus des trois quarts des prisonniers en direction des camps de concentration du Reich. Un peu plus de la moitié des 3.600 prisonniers ne survivent pas à la guerre : la plupart décèdent dans les camps de Buchenwald, Dachau, Mauthausen.

Après la Libération, Breendonk est un camp d'internement pour les « inciviques » et, à partir de 1947, un Mémorial national.

Bibliographie

Nefors, Patrick. Breendonk 1940-1945: De Geschiedenis. Antwerpen: Standaard uitgeverij, 2005.

Van den Wijngaert, Mark, Dimitri Roden, and Tine Jorissen. Auffanglager Breendonk 1940-1944. De Gevangenen van Breendonk. Gedenkboek. Les Prisonniers de Breendonk. Livre-Mémorial. Willebroek: Nationaal Gedenkteken van het Fort van Breendonk, 2012.


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