Belgique en guerre / Personnalités

Robert de Foy

Auteur : Wouters Nico (Institution : CegeSoma)

Top fonctionnaire belge de la sécurité de l’Etat qui joue un rôle ambiguë pendant l’Occupation.

Ensemble contre les communistes ?

Robert de Foy (1893-1960) commence sa carrière en tant que magistrat. Dans les années trente, il devient administrateur de la Sûreté publique. Au cours de cette période, divers services de police européens cherchent comment lutter ensemble contre le communisme. C'est ainsi que de Foy entre en contact avec des délégués de police en Allemagne nazie. En définitive, il n’y aura pas de réseau policier anticommuniste international, mais différents pays s'échangent des informations.

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : ROBERT DE FOY

La guerre

Lors de l’invasion allemande, de Foy est à la tête  (en tant qu’administrateur général) de la Sûreté de l’État (avant mars 1940, service pour la sécurité publique). À ce titre, il a des contacts avec les services de renseignements allemand. Il est étroitement lié à l’établissement de la liste des suspects belges qui sont arrêtés lors de l’invasion de mai 1940 et qui sont parfois déportés. On y retrouve des nationalistes flamands et des rexistes, mais aussi des communistes et des personnes de nationalité allemande, dont des réfugiés juifs. De ce fait, après la capitulation, de Foy est lui aussi arrêté et entendu en Allemagne. Après sa libération, il est autorisé à reprendre ses fonctions.

En 1940, il devient le chef du service des étrangers, un service d’ordre qui joue un rôle important dans l’application des ordonnances anti-Juives proclamées par les Allemands.

Une nouvelle fonction

À partir du 1er octobre 1943, de Foy succède à Gaston Schuind au poste de secrétaire général (faisant fonction) du ministère de la Justice. Vu son implication dans les arrestations de mai 1940, ce n'est pas un choix évident; au départ cependant, les Allemands voient en de Foy, peut-être en raison de ses contacts d'avant-guerre, un interlocuteur fiable

La situation évolue lorsqu'il s'avère que, sous son autorité, la justice belge n'agit pas avec fermeté face aux actes de violence commis par des groupes de résistants. En février 1944, de Foy est même la cible d'un attentat (qui échoue) perpétré par des collaborateurs. Dans la dernière phase de l’Occupation, de Foy entretient des contacts avec le gouvernement belge à Londres mais aussi avec la résistance.

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : CegeSoma
Légende d'origine : Les illuminations à Bruxelles pour les fêtes du Centenaire. Le Palais de Justice apparaît immense dans la nuit.

Après la Libération

Après la Libération, le jugement qui le frappe est plus clément que celui réservé à son prédécesseur Gaston Schuind.La justice militaire  classe sans dossier sans suite mais il démissionne de son poste à la Sécurité de l'Etat. Il est temporairement mis à l’écart avec une nomination à Tanger, au Maroc. En 1947, il devient à nouveau chef de la Sécurité de l’Etat jusqu’en 1958. En 1975,Yad Vaschem prend la décision surprenante de nommer de Foy « Juste entre les nations » pour son aide au Juifs pendant l’Occupation. 

Pour en savoir plus...

35615.jpg Articles Ministère de la Justice Wouters Nico