Belgien im Krieg / Artikel

Ligue des V (La)

Thema - Widerstand

Verfasser : Colignon Alain (Institution : CegeSoma)

Dès l’été 1940, Marie-Louise Noterman (1890-1981), appartenant à la bourgeoise de Blankenberge, réunit autour d’elle quelques personnes qui refusent l’idée de la défaite et sont disponibles pour faire « quelque chose ». Aidée de son mari, Marcel Mazeman, et agissant sous le « pseudo » de « Mme Jean », elle initie à partir du mois d’août de cette année un mouvement clandestin très belgiciste, baptisé « Overwinning en Vrijheid van België/Victoire et Liberté » ( en abrégé : « V.B. »). Consensuel, ouvert « à tous les Belges sans distinction d’âge, de sexe, de parti, de situation sociale, de conviction religieuse », il commence à se répandre à l’automne au littoral (Ostende, Knokke…) ainsi qu’ en Flandre occidentale parmi la bourgeoisie francophone.

Rapprochement entre « Victoire et Liberté » et la « Ligue des V »

A peu près au même moment , vers le mois de septembre, à Gand, les lieutenants de réserve Hubert et Philippe de Hemptinne ainsi que l’avocat Paul Bove jettent les bases d’une autre organisation secrète, « Victoire et Liberté ». Elle recrute à peu près dans les mêmes milieux et essaime peu à peu à travers la Flandre orientale. Les deux groupements, qui poursuivent les mêmes buts et recrutent le même public, fusionnent  début 1941 sous le nom de « Ligue des V / V Liga ». Philippe de Hemptinne en assume la direction effective, la ville de Gand devenant le centre du mouvement après la fusion. Celui-ci, qui aligne au fil des mois pas moins de 32 « sections » ( dont 12 sur la seule ville de Gand) se structure dans cette province. Outre une antenne bruxelloise un peu isolée s’adonnant au renseignement sous les auspices de Louise De Cock, une grosse section semi-autonome existe également à Destelbergen : son fondateur, Adrien De Groote, assume d’ailleurs à un certain moment le commandement de la « Ligue ». 

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Institution : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Marie-Louise Noterman, s.d.

Un credo démocratique

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Institution : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Noterman; Armée secrète

Contrairement à bon nombre de groupements nés à la même époque, la « Ligue » n’affiche aucun antiparlementarisme particulier inspiré par l’ « air du temps » et ne se montre pas particulièrement soucieuse du maintien de l’ordre. Elle cherche à résister à l’occupant par des moyens variés : diffusion de la presse clandestine, aide aux aviateurs alliés abattus, récupération d’armes, transmission de renseignements… 

La répression frappe fort

Tandis qu’en juillet 1941 un accord de coopération est négocié entre la « Ligue » et la Légion belge, Philippe de Hemptinne entre en relation, à Bruxelles, avec le service de renseignements « Beaver-Baton » ; les informations collectées parviennent à Londres par ce biais. Mais l’infiltration de ce service par l’occupant entraîne l’arrestation, le 9 septembre 1941,  de Philippe de Hemptinne. Son frère Hubert prend  alors la relève mais est à son tour appréhendé le 15 février 1942 avec 16 autres personnes appartenant à ce service.  Valère De Craene puis Adrien De Groote assument sa succession à la tête d’une « Ligue des V  » qui se trouve de plus en plus dans le collimateur de l’occupant. De fait, entre le 29 avril et le 19 mai 1942, la répression s’abat à nouveau. Plus de 30 membres de l’organisation dans la région gantoise, dont Adrien De Groote, tombent alors dans les mains de l’occupant. En fait, la « Ligue », qui avait fini par compter à son apogée, en septembre 1941,  1.100 membres, se retrouve à peu près décapitée en Flandre orientale. Elle disparaît dans les faits et ses membres restants rallient soit l’Armée de Belgique soit l’Organisation militaire belge de Résistance (OMBR), voire les « Partisans Armés ». Sa vie a été brève mais ses pertes très lourdes : 107 décédés (ou disparus) en Allemagne, 32 membres exécutés et 2 abattus en action.

Bibliographie

Maerten Fabrice, Papy était-il un héros? Sur les traces des hommes et des femmes dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Racine, 2020. 

Marquet Victor, Aux origines de l’Armée secrète : la Légion belge, Bruxelles, Musée royal de l’Armée, 1991.

Voir aussi

27948.jpg Artikel Widerstand Maerten Fabrice
armAe_secrAte-Acusson.jpg Artikel Geheimarmee Maerten Fabrice