Belgien im Krieg / Artikel

Résistance administrative

Thema - Widerstand

Verfasser : Rochet Bénédicte

L’administration centrale est loin d’avoir été un ensemble cohérent et organisé de résistance. Les gestes d’opposition posés par les fonctionnaires sont d’ampleur différente selon les départements ministériels. Ils oscillent entre attentisme, désobéissance et action clandestine.

Garder le contrôle de l’Etat

En mai 1940, les services publics sont maintenus par l’occupant. Et, suivant les dispositions du livret de mobilisation civile, la majorité des agents de l’Etat restent à leur poste et s’accommodent d’une politique de moindre mal. Beaucoup pensent qu’une résistance ouverte serait brisée dans les 24 heures.

Servir l’Etat sans servir l’ennemi

Progressivement, certains fonctionnaires adoptent un comportement dissident. Il se marque par une lenteur, voire une totale inertie, face à l’application de prescriptions allemandes. Ces désobéissances mineures doivent plus être vues dans un esprit patriotique voulant éviter un contrôle total du régime d’occupation qu’un véritable sabotage administratif remettant en cause le système.

Une résistance intellectuelle

Dès 1940, de jeunes fonctionnaires des Affaires économiques, des Finances et du Travail et de la Prévoyance sociale forment un réseau d’études, le Groupement d’études économiques, sous l’impulsion de Jean-Charles Snoy et d’Oppuers, secrétaire général des Affaires économiques mis en disponibilité. Leur objectif à court terme : surveiller, influencer et coordonner les décisions prises au sein des ministères pour contrer l’intégration de la Belgique dans le grand Reich. A plus long terme, ce réseau semi-clandestin constitue une chambre de réflexion et de préparation de la politique socio-économique et administrative de l’après-guerre. Le Groupement sera officiellement reconnu comme mouvement de résistance civile. Mais les fonctionnaires qui en ont fait partie seront considérés comme de « bons patriotes », sans obtention du statut de résistant.

Bibliographie 



Kesteloot Ch., ROCHET B., Gérer le « moindre mal » : Administration et occupation, le cas de la Belgique, dans Baruch M-O. (dir.), Faire des choix ? Les fonctionnaires dans l’Europe des dictatures 1933-1948, Paris, La Documentation française, 2014, pp. 189-207.

ROCHET B., L’impact de la Seconde Guerre mondiale sur les pratiques administratives, dans Pyramides, Revue du Laboratoire d’Etudes et de Recherches en administration publique, Bruxelles, n°10, 2005, pp. 167-188.