Destins de Guerre

Prosper Dezitter

Thème - Collaboration

L’homme au doigt coupé

Auteur : Kesteloot Chantal (Institution : CegeSoma)

Prosper Dezitter (1893-1948) voit le jour à Passchendaele, en Flandre occidentale, dans une famille modeste. La fratrie compte huit enfants. Il fréquente l’école jusqu’à l’âge de 14 ans et devient mécanicien. A la fin de son adolescence, Prosper Dezitter fait pour la première fois parler de lui. Doublement condamné pour vol et viol sur mineure, le tribunal correctionnel d’Ypres le condamne respectivement à trois ans et à un an d’emprisonnement. Il réussit à échapper à la peine en prenant la fuite au Canada à une date et dans des circonstances obscures. Sa vie durant son séjour canadien reste mal documentée. De quoi vivait-il ? A-t-il suivi une formation ? A-t-il fréquenté une école de pilotage ? Il aurait rejoint les troupes canadiennes et combattu en France. Il aurait été blessé à Vimy, dans le Pas-de-Calais. Ce qui est établi, c’est qu’il a mis à profit son séjour outre-Atlantique pour acquérir une excellente maîtrise de la langue anglaise. 

Retour en Belgique

La date de son retour en Belgique reste incertaine. Elle se situe entre 1926 et fin 1929 puisqu’il est alors condamné à une amende par le tribunal de police d’Anvers. Il travaille dans le secteur de l’automobile en vendant des véhicules d’occasion. En juin 1934, il épouse Germaine Princen, une employée originaire de Schaerbeek. Rapidement son commerce bat de l’aile et est déclaré en faillite en 1936. Il vit de petites combines, est l’objet de multiples condamnations et se retrouve incarcéré à la prison d’Anvers. Le couple divorce dès 1936. L’année suivante, Dezitter rencontre Florentine Giralt (1904-1949) qui devient sa maîtresse. Née à Barcelone, celle-ci est arrivée en Belgique avec ses grands-parents et son frère après le décès de ses parents. Après des études d’institutrice maternelle – un métier qu’elle ne pourra pas pratiquer, souffrant de tuberculose – elle épouse, en 1924, Paul Dings, un ressortissant néerlandais. Pour des raisons professionnelles, son mari part au Congo en 1926. Elle l’y rejoint deux ans plus tard. Ils rentrent en Belgique fin 1929. Le couple a un enfant né en 1930.

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : CegeSoma, droits réservés
Légende d'origine : Prosper Dezitter, s.d.

Un homme aux identités multiples

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Droits d'auteur : CegeSoma, droits réservés
Légende d'origine : Florentine Giralt s.d.
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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : CegeSoma, droits réservés
Légende d'origine : Charles Jenard, s.d.

Traqué pour divers délits à la fin des années trente, Dezitter tente à nouveau de prendre la fuite et de rallier, sans succès, l’Angleterre. C’est dans la foulée de cet échec qu’il serait entré en contact avec l’Abwehr, le service de renseignement et de contre-espionnage de l’armée allemande. Jusqu’au début de la guerre, il vit d’expédients et de l’argent que lui donne Florentine Giralt.


Durant les premiers mois de l’occupation, Dezitter travaille pour la Geheime Feldpolizei (GFP), la police militaire allemande. Dans ce cadre, il joue un rôle actif dans une petite dizaine d’affaires qui vont chacune déboucher sur l’arrestation et le démantèlement total ou partiel de réseaux. La première affaire dans laquelle il va sinistrement s’illustrer est l’affaire dite de Flobecq. Des soldats anglais, qui n’ont pu regagner la Grande-Bretagne après la débâcle de mai 1940, s’y sont cachés et cherchent un moyen de regagner leur mère-patrie. L’un des habitants, qui souhaite aider les soldats, a connu Dezitter avant-guerre à Schaerbeek. Sur base de sa connaissance de l’anglais et la conviction qu’il est de nationalité canadienne, l’homme est convaincu qu’il peut les aider. C’est ainsi que Dezitter entre en contact avec des habitants de Flobecq, gagne leur confiance et propose son aide. En réalité, une souricière se met en place même si certains se sont méfiés de lui. Deux soldats seront finalement interceptés. Ce premier coup de filet entraîne l’arrestation directe de treize résistants et indirecte de neuf autres. L’affaire est jugée en avril 1941 par un tribunal allemand siégeant à Bruxelles. Elle débouche sur deux condamnations à mort et quinze condamnations aux travaux forcés pour des durées variées. Cette affaire n’est que la première d’une longue série…






A ce moment, Dezitter agit encore seul au service de la GFP. C’est d’ailleurs à cette instance qu’il doit d’avoir été libéré au printemps 1941. A cette époque, il est en effet sous le coup d’une condamnation prononcée en décembre 1940. Il est arrêté une première fois par la police de Schaerbeek mais libéré suite à une intervention de la GFP. Quelques jours plus tard, le 19 avril 1941, ce sont des policiers saint-gillois qui l’arrêtent. La GFP intervient une nouvelle fois en sa faveur. A partir de fin 1941, il travaille pour la section III de l’Abwehr chargée du contre-espionnage. Il en devient l’un des V-Leute ou Vertrauensleute, un homme de confiance. Sous le pseudonyme de « Aal », il est utilisé pour infiltrer les réseaux. Il travaille avec Florentine Giralt qui va, elle aussi, se révéler être un redoutable agent. Dezitter et sa bande ont à leur actif une petite dizaine d’affaires d’infiltration.


Au fil des mois, l’équipe s’étoffe. En 1943 s’y ajoutent Rudolf Kohl, Charles Jenart et Jean-Marcel Nootens. En 1944, la bande comprend également Jean (Vania) Gristchenko, Nicolas Fetisoff et son épouse Suzanne Bertherond ainsi que des collaborateurs plus occasionnels. Lors du procès, ils ne seront pourtant que quatre sur le banc des accusés.

Confiance, infiltration et… arrestation

Au fil des mois, la stratégie de Dezitter se professionnalise. A chaque fois, lui – ou, par la suite Florentine ou d’autres membres de ce qui finit par devenir la « bande à Dezitter » – commence par nouer des contacts et gagner la confiance. Florentine Giralt et lui utilisent leurs réseaux de contacts d’avant-guerre, leurs rencontres dans les cafés. L’atout de Dezitter, c’est sa connaissance de l’anglais et son passé au Canada, autant d’éléments qui lui assurent une crédibilité dès lors qu’il se fait passer pour un agent britannique. Il utilise de multiples identités d’emprunt, se faisant tantôt appeler capitaine Jackson, capitaine Willy, Jack le Canadien, Willy Jackson ou Williams. Il utilise également les noms ou pseudonymes d’agents capturés… L’homme est en outre beau parleur, habile séducteur et a une force de persuasion hors du commun. Florentine – qui recourt également à divers pseudonymes – utilise quant à elle son pouvoir de séduction. Par ailleurs, en tant que femme, elle suscite moins la méfiance de ses interlocuteurs qu’elle met ensuite en contact avec Dezitter.

Dès lors que la confiance est établie, Dezitter se lance dans la deuxième phase des opérations : l’infiltration. Il s’agit alors d’entrer en contact avec d’autres membres du réseau. Pour asseoir sa crédibilité, il met à disposition tantôt des armes, tantôt un système de liaison qui permet de faire croire qu’il est bel et bien en contact avec Londres, parvenant à faire diffuser de « vrais » faux messages à la BBC. Il offre ainsi son aide en fournissant des armes au résistant Marcel Demonceau qui projette un attentat contre Léon Degrelle. L’homme sera arrêté peu après.

Dès lors qu’il a affaire à des résistants ou à des agents parachutés désireux de quitter la Belgique, il se propose de les héberger, le temps d’organiser leur fuite. Ses futures victimes se retrouvent dans une de ses planques. Jusque fin 1943, la principale – appelée le « Pensionnat » – est située à Woluwe-Saint-Lambert, avenue Slegers. Une fois sur place, résistants et agents sont invités par Dezitter ou ses complices à remettre leurs papiers d’identité, sous prétexte que ces documents sont nécessaires pour la fabrication des faux papiers qui vont leur permettre de prendre la fuite. C’est également à ce moment qu’ils sont soi-disant mis « en contact » avec Londres et amenés à donner des détails sur leur(s) réseau(x) et leurs contacts. L’objectif de Dezitter est de permettre un maximum d’arrestations.

Pourvus de ces faux papiers, ils sont ensuite emmenés en voiture. Arrivés sur le territoire français, le piège se referme et ils sont arrêtés. Comme ils se retrouvent dans un premier temps dans des prisons françaises – avant d’être remis aux mains des Allemands – il leur impossible de prévenir quiconque de leur arrestation. Dans d’autres cas, emmenés en train, ils sont arrêtés lors d’un contrôle à Paris ou à Bordeaux. Le système est sophistiqué puisque des agents à la solde de l’ennemi sont chargés d’envoyer des cartes postales en Belgique, histoire de faire croire que l’évasion se déroule au mieux. Il faut souvent des semaines voire des mois pour que la triste vérité ne soit connue.

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Institution : KBR
Légende d'origine : Le Peuple, 28 mars 1947
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Institution : CegeSoma
Légende d'origine : Le Patriote, 10 oct. 1942

L’agent le plus efficace du contre-espionnage

D’innombrables réseaux vont être victimes de Dezitter et de sa bande. Leurs manœuvres d’infiltration touchent principalement les lignes d’évasion (Comète) , les réseaux de renseignements (le réseau ABC en juin 1941 ; Beaver, en février 1942 ; une section du réseau Zéro en mai 1942 ; Tulipe en août 1942…) ainsi que divers mouvements de résistance (la section brugeoise du Parti national à l’été 1941). Epinglons notamment l’arrestation de quelque 350 corps francs membres de la Légion belge en trois vagues, entre avril 1943 et février 1944. Plus d’un tiers mourront en déportation. Cette opération redoutable avait permis aux Allemands d’entrer en possession de quelque 9.000 noms… mais arrêter un tel contingent était difficile, même pour les Allemands !

Dezitter et sa bande finissent par être repérés. Une première alerte aurait, semble-t-il, été donnée à l’été 1941 mais elle ne semble guère avoir eu d’impact. Dans un article d’après-guerre, le résistant Jean Fosty mentionne même l’automne 1940. En 1943, la Sûreté recommande également, depuis Londres, à divers réseaux de se méfier de Dezitter. A plusieurs reprises, des agents ont tenté de l’abattre mais sans succès, même s’il a néanmoins été blessé par balle à Bruxelles, fin 1942. A Londres, le Special Operations Executive (SOE) était même prêt à mener une opération contre Dezitter mais le gouvernement belge s’y est opposé, arguant qu’il préférait que les traîtres et les collaborateurs soient jugés par la justice belge à l’issue de la guerre. Une alerte a néanmoins été publiée dans la presse britannique.

En novembre 1943, les révélations se précisent. Le journal clandestin La Voix des Patriotes publie une mise en garde sous le titre « Un couple de salopards ». L’article s’accompagne de deux photographies : l’une de Prosper Dezitter et l’autre de Florentine Giralt. On y mentionne plusieurs détails sur le physique du couple dont l’un est souvent mentionné pour identifier Dezitter. Il lui manque en effet une phalange à l’auriculaire droit – ou le doigt complet, selon d’autres sources –, résultat d’une bagarre à Anvers en 1930. Un détail qui explique qu’il porte souvent des gants voire garde sa main en poche. Ces informations sont relayées par d’autres journaux clandestins. Ces deux photographies ont été transmises par Emma Wattiez, la femme de l’ingénieur Victor Moureau et ancienne voisine de Florentine Giralt. Celle-ci l’avait dénoncée ainsi que les activités de renseignement auxquelles son mari était lié. Suite à cela, six hommes – dont le mari d’Emma Wattiez – seront condamnés à mort. Les deux femmes étaient amies depuis l’avant-guerre…

Dans la foulée, le « Pensionnat » de l’avenue Slegers est démantelé mais la bande n’a pas dit son dernier mot. Une nouvelle planque est ouverte à Ixelles, rue Forestière. La bande continue de faire des dégâts mais la résistance est de mieux en mieux organisée et est désormais sur ses gardes.

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Institution : CegeSoma
Légende d'origine : La Voix des Patriotes, nov. 1943

Quelles motivations ?

Contrairement à d’autres agents qui agissent pour des motivations idéologiques, Dezitter et Giralt sont exclusivement motivés par l’appât du gain. Dezitter perçoit un salaire mensuel de 15.000 francs belges – soit le double d’un agent ordinaire ; pour Giralt, il est de 10.000 francs. S’ajoutent des frais de fonctionnement et des primes pour chaque arrestation. Elles seraient de l’ordre de 1.000 francs pour chaque pilote allié capturé. Pour les autres membres de la bande, il semblerait que ce soit aussi avant tout des motivations financières qui les aient poussés à travailler pour les services allemands. A ces émoluments s’ajoutent les sommes d’argent et les objets personnels abandonnés par les résistants après leur passage au « Pensionnat ». 

Fuite et arrestation

C’est le 2 septembre 1944 que la bande prend la fuite à bord de plusieurs voitures, en direction des Pays-Bas avant de gagner l’Allemagne. Plusieurs réseaux de résistance sont sur les traces de Dezitter. On le traque, on le guette. On croit l’apercevoir en Belgique mais il n’est guère crédible qu’il soit revenu sur le territoire national. Ses motivations ayant été exclusivement financières, il n’a aucune raison de revenir dans un pays où il est recherché.

Il est plus que vraisemblable qu’il se soit caché en Allemagne sous le nom de Wilhelm Truppert. Il finit par être retrouvé par des agents de la Sûreté de l’Etatdans la ville de Wurtzbourg, en Bavière, où il vivait chez un couple. Le 28 juin 1946, Florentine Giralt – qu’il s’apprêtait à rejoindre – est arrêtée à son tour ainsi que deux autres complices. Ils sont tous rapatriés en Belgique. Dezitter transite par diverses prisons pour se retrouver à Saint-Gilles, alors que Florentine Giralt est incarcérée à Forest.

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Institution : KBR
Légende d'origine : La Cité nouvelle, 22 mars 1947

Le procès

Ils ne sont finalement que quatre – Dezitter, Giralt, Nootens et Gristchenko – à se retrouver, le 10 mars 1947, devant la première Chambre française du Conseil de Guerre de Bruxelles. En principe, ils auraient dû être onze, sept hommes et quatre femmes. Un non-lieu a été prononcé contre quatre d’entre eux, deux sont en fuite et un est décédé avant le début du procès.

Le premier jour de l’audience, l’avocat commis d’office demande sans succès un report du procès. Il n’a été prévenu que l’avant-veille et n’a donc pu prendre connaissance de l’ensemble du dossier. Dezitter décide alors de ne pas comparaître, laissant les trois autres inculpés répondre seuls de l’ensemble du dossier. Celui-ci pèse fort lourd. La bande est jugée responsable d’au moins 700 arrestations. Sans surprise, les sanctions sont lourdes : Dezitter, Giralt et Nootens sont condamnés à mort tandis que Gristchenko écope de quinze ans de travaux forcés. Les inculpés interjettent appel du jugement mais celui-ci est confirmé un an plus tard tant au civil qu’au pénal. Une ultime tentative de pourvoi en cassation est rejetée. Les demandes de grâce introduites auprès du Prince Régent n’aboutissent pas non plus. Dezitter est fusillé le 17 septembre 1948 ; Nootens et Giralt le 4 juin 1949. Florentine Giralt est ainsi la dernière des quatre femmes condamnées à mort et effectivement exécutées en Belgique pour faits de collaboration.

Des zones d’ombre…

La biographie de Dezitter garde nombre de zones d’ombre. Ainsi sait-on peu de choses sur son séjour canadien. Quelles étaient ses sources de revenus ? Y a-t-il été marié une première fois ? Plus important sans doute, ce sont les circonstances de son engagement pour les services allemands. S’est-il effectivement, comme il n’aura de cesse de le clamer, d’abord tourné vers les services britanniques et, faute de retour positif, tourné ensuite vers les services allemands, lui qui était avant tout intéressé par l’aspect lucratif d’une telle fonction… Jusqu’à sa mort, Dezitter continuera d’affirmer qu’il était un agent double. On peut également s’interroger : comment a-t-il pu faire autant de dégâts ? De toute évidence, certains résistants étaient tellement obsédés par l’idée d’entrer en contact avec les Britanniques qu’ils en ont parfois oublié certaines règles élémentaires de prudence ou se sont montrés particulièrement naïfs… La fragmentation des réseaux n’a en outre pas aidé.

Que savait exactement Florentine Giralt ? Lors du procès, elle a tenté – sans convaincre – de se disculper. L’absence de Dezitter dans le box des accusés lui permettait certes de le charger mais, à l’inverse, lui faisait endosser parfois un rôle plus important…Combien de femmes ont été victimes de Dezitter ? On sait que Giralt n’était pas sa seule maîtresse. Quant aux autres, ont-elles agi par amour ou sous la contrainte ? Là aussi, bien des questions restent ouvertes…

Peu avant son exécution, Dezitter a rédigé un document manuscrit de 64 pages. Il y revient longuement sur l’assassinat d’Annie Lall, une jeune femme de nationalité estonienne dont le domicile a servi de boîte aux lettres à Dezitter. Florentine Giralt ayant elle aussi utilisé ce pseudonyme d’« Anny » à plusieurs reprises, il y a sans doute eu confusion. Annie Lall a été sauvagement assassinée le 29 septembre 1943 par un résistant qui croyait, à tort, avoir affaire à Florentine Giralt. Dans son « mémoire », Dezitter utilise l’affaire pour jeter le discrédit sur la résistance et, en particulier, sur la police judiciaire de Bruxelles. Dernière zone d’ombre : son séjour en Allemagne. Dezitter a-t-il effectivement, comme l’affirment certaines rumeurs, travaillé pour les services américains. Son modeste emploi dans un garage n’aurait-il été qu’une couverture ? Combien de résistants et d’agents alliés ont été arrêtés du fait de la bande ? Les chiffres varient selon les sources car il y a parfois eu des arrestations en cascade. Difficile dès lors de donner un chiffre précis. Reste que Dezitter a sans conteste été l’un des agents les plus redoutables au service de l’Abwehr… 

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Institution : KBR
Légende d'origine : De nieuwe Gids, 18 septembre 1949

Bibliographie

Debruyne Emmanuel, La guerre secrète des espions belges 1940-1944, Bruxelles, Racine, 2008.

Maes Sandra, De duitse militaire contraspionage in bezet België tijdens de Tweede Wereldoorlog : V-man Prosper Dezitter en zijn groep, KULeuven, Lic. Verhandeling, 1997.

Verbeke Gabriël, De gewetenloze spion. Prosper Dezitter, de nummer 1 van de Duitse contraspionage 1940-1944, Koksijde, De Klaproos, 1998.

Un jour dans l’histoire, du 2 au 6 novembre 2020, https://www.rtbf.be/auvio/deta...

Voir aussi

165131.jpg Articles Administration militaire allemande (Militärverwaltung) Roden Dimitri
aa-684-iv_braine-l-alleud_lettres-de-dAnonciation-1943 Articles Dénonciations à l'ennemi Leenders Gertjan