Belgien im Krieg / Artikel

Théâtre

Thema - Kollaboration

Verfasser : Aron Paul (Institution : ULB)

Si la fermeture des frontières isole la Belgique, elle favorise aussi les auteurs et comédiens locaux. Dès septembre 1940, l’activité théâtrale bat son plein. Le public y trouve une forme d’évasion bienvenue et remplit les salles malgré l’absence de vedettes françaises. Les théâtres organisent des matinées et des après-midi de spectacles. Vu les contraintes du couvre-feu, les soirées commencent tôt.

Un semblant de ‘normalité’

L’occupant souhaite maintenir une vie culturelle ‘normale’ pour rassurer la population. Cependant, dès 1940, les artistes juifs doivent cesser leurs activités. C’est par exemple le cas d’Adrien Mayer, directeur artistique du théâtre du Parc depuis 1933. Ida Wasserman, comédienne et femme du directeur du Koninklijke Nederlandse Schouwburg (KNS) d’Anvers, Joris Diels, est également privée de scène.

Une liste de pièces interdites circule dès 1940. Elle concerne tant les théâtres professionnels que les troupes d’amateurs. Elle recense également les pièces ‘ennemies de l’Allemagne’ (le répertoire américain, anglais - sauf Shakespeare - et russe, les pièces d’auteurs juifs et d’opposants politiques). Cette liste s’applique surtout a posteriori et interdit les spectacles dont le texte peut être interprété dans un sens antiallemand. La Charade van de advent (KNS de Gand, saison 1942-1943) de Johan Daisne est ainsi interdite sous prétexte qu’elle dissimulerait des thèmes francs-maçons. Parfois, l’interprétation des comédiens incite aux sentiments patriotiques. Par exemple, les comédiens routiers imitent le bruit du brouillage de Radio Londres lors des représentations des Quatre fils Aymon.

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Institution : CegeSoma
Sammlung : Sipho
Urheberrecht : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Operette Elle et Lui aux Galéries 27/10/43

Un répertoire allemand favorisé

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Institution : CegeSoma
Sammlung : Sipho
Urheberrecht : CegeSoma
Legende des Ursprungs : Hansa Kultur Woche der Städte Antwerpen und Köln 1943.Eröffnungsakt im Museum Plantin Moretus in Antwerpen am 12/6/1943.Herr Joris Diels während seiner Rede.Semaine Culturelle de la Hanse des Villes d'Anvers en Cologne 1943.Mr. Joris Diels pendant son discours. [15/6/1943] [Frei gegeben durch zensur]

La situation est différente au nord et au sud du pays. Les théâtres francophones sont interdits en Flandre. On y favorise le répertoire allemand. La réaction est différente dans les différentes régions :  Joris Diels, au KNS d’Anvers, est pleinement favorable à l’Ordre nouveau tandis que le KNS de Gand tentent d’y résister. À Bruxelles, le Koninklijke Vlaamse Schouwburg (KVS) (Jan Poot) maintient difficilement ses activités faute de moyens. L’Alhambra est aux mains des Allemands qui lui octroient même des aides financières et matérielles. On y joue des pièces légères (comédies, opéras, opérettes et ballets) issues du répertoire néerlandais et allemand.

Le succès du répertoire national

Le répertoire national est encouragé des deux côtés de la frontière linguistique : dans les théâtres francophones, on joue des pièces d’Herman Closson, Michel de Ghelderode, Max Deauville, Maurice Tumerelle, Odilon-Jean Périer, Fernand Crommelynck et de jeunes auteurs comme Georges Sion, Serge Young… Certains cumulent des activités d’auteur, de metteur en scène et même de directeur de théâtre (Fernand Crommelynck).

Les pièces classiques sont beaucoup jouées parce qu’elles échappent, en principe, à la censure et qu’elles véhiculent un héroïsme qui touche particulièrement le public. La démarche des comédiens-routiers de Jacques et Maurice Huisman (Les Quatre fils Aymon de Closson) illustre cette tendance pour un public populaire.

Bibliographie

Aron, Paul. La Mémoire En Jeu : Une Histoire Du ThéâTre de Langue Française En Belgique : XIXe-XXe Siècle. Bruxelles: Lettre volée Théâtre national de la Communauté française de Belgique, 1995.


Pour en savoir plus...

12478.jpg Artikel Théâtre Aron Paul