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Le statut de la résistance armée

Auteurs : Maerten Fabrice (Institution : CegeSoma/Archives de l'État) - Willems Bart (Institution : CegeSoma/Archives de l'État )

Pour citer cette page

Qui ?

Le 16 septembre 1945, le législateur prend un arrêté-loi qui définit officiellement le statut de la résistance armée. Pour appliquer cette loi, un arrêté du Régent du 8 octobre 1945 (Moniteur belge, 14 octobre 1945) crée l’Office de la Résistance, placé sous la tutelle du ministère de la Défense nationale. Cette nouvelle structure reçoit un ensemble très large de missions.

L’Office de la Résistance reconnaît les groupes de résistance et les résistant·es individuellement, et détermine aussi leur grade. Elle examine les comptes financiers des organisations de résistance, régularise et liquide les créances, et traite les dossiers concernant les dommages de guerre qu’ont subi les biens des résistant·es. En raison de l’ampleur de ces tâches, l’Office reste actif bien plus longtemps que prévu : alors que l’arrêté du Régent prévoit une durée de deux ans, il fonctionne encore jusqu’en 1966 et probablement même jusqu’en 1969, soit plus de dix ans après le décès de son premier directeur, le colonel André De Ridder.

Par la suite, les compétences passent à l’Office central de la matricule (sans doute avant 1975). Cette structure évolue ensuite pour devenir la sous‑section Notariat de la division Expertise administrative de la direction générale Human Resources de la Défense nationale. Elle assure le suivi des dossiers individuels ouverts depuis 1945. Même si la loi du 16 septembre 1945 cesse d’être en vigueur le 1er avril 1955, les dossiers continuent d’être traités pendant de nombreuses années. Les dernières décisions datent même de 1984.

Quoi ?

La grande série de dossiers individuels constitués systématiquement dès la fin de la guerre constitue l’élément essentiel des archives de l’Office de la Résistance. Aujourd’hui, ces dossiers représentent une source essentielle pour les historien·nes. Avec les compléments apportés par l’Office central de la matricule, ils rassemblent des informations sur près de 140 000 résistant·es armé·es officiellement reconnu·es, auxquelles s’ajoutent environ 25 000 demandes refusées.

Chaque dossier individuel contient au minimum :

  • un formulaire d’informations ou une fiche signalétique,
  • un certificat de bonne conduite,
  • une feuille de « calcul des services »,
  • deux attestations officielles de l’Office de la Résistance confirmant la période et le groupe d’appartenance,
  • des déclarations de responsables du groupe attestant l’adhésion,
  • un formulaire rempli et signé par la personne concernée.

Certains dossiers incluent aussi des documents supplémentaires : copie d’un brevet de distinction honorifique, texte accompagnant une proposition de distinction, ou décisions d’une commission de révision.

La taille des dossiers reste généralement limitée. La description des activités des résistant·es est souvent très brève — cinq à dix lignes — et rédigée par l’individu lui‑même au verso du formulaire. Ce caractère succinct s’explique par la méthode de travail de l’Office de la Résistance : il ne s’agit pas de prouver en détail les actions menées, mais de démontrer l’appartenance officielle à un groupe reconnu. Comme les déclarations reposent souvent sur la bonne foi des personnes concernées et sont rarement vérifiées en profondeur, nous devons interpréter ces sources avec prudence.

Où ?

  • Les Archives générales du Royaume conservent depuis 2020 les dossiers individuels et généraux (environ 24 boîtes pour ces derniers) établis par l’Office de la Résistance. Ils sont classés par ordre alphabétique au nom de la personne résistante. On a donc besoin de données compètes d’identification (nom, prénom, date de naissance) pour pouvoir consulter un dossier (consultable sur place ; l’inventaire est consultable en ligne via Agatha).
  • La base de donnée Resistance in Belgium intègrera à terme l’ensemble des dossiers de résistant·es armé·es. Elle conserve déjà en ce moment les demandes de reconnaissance de Résistant par la Presse clandestine et d’Agent de Renseignement et d’Action.
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Le statut de la résistance armée
Auteurs : Maerten Fabrice (Institution : CegeSoma/Archives de l'État) - Willems Bart (Institution : CegeSoma/Archives de l'État )
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