Belgique en guerre / Articles

Rééducation, reclassement et tutelle

Thème - Collaboration

Auteurs : Grevers Helen (Institution : Vredescentrum) - Strubbe Filip (Institution : AGR)

Face à l'incarcération en masse de personnes suspectées de collaboration, il apparaît  rapidement  qu'il faut trouver une solution pour ces détenus. Bon nombre d’entre eux sont libérés sans condamnation. Quant à ceux qui restent détenus, le gouvernement belge estime qu'il faut les “rééduquer ” pour qu'ils puissent redevenir des citoyens à part entière. Il s’agit d’éviter à tout prix que se crée un groupe de parias dans la société d'après-guerre.

Service de la rééducation, du reclassement et des tutelles

Le service de la rééducation, du reclassement et des tutelles, géré par l'administration pénitentiaire est un service particulier au sein du ministère de la Justice. Ses activités débutent en 1946. Sa mission repose sur trois piliers: rééducation par le travail, reclassement par l'éducation et tutelle au moyen de superviseurs.

Travail

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits réservés
Légende d'origine : Clôture barbelée au camp des prisonniers politiques de Beverloo.

La rééducation par le travail débute dès la mi-1946. Au départ de camps comme celui de Beverlo, des milliers de collaborateurs sont mis au travail, non seulement dans les mines mais aussi à l’intérieur des prisons et centres de détention. Ce travail est considéré par les spécialistes belges comme une transition entre la passivité carcérale et la vie libre et active au dehors ainsi que comme une réadaptation à la vie civile. En outre, par leur participation à la reconstruction matérielle du pays, les collaborateurs peuvent affirmer leur volonté de redevenir de bons citoyens.

Education

Le reclassement par l'éducation est organisé dans les camps et les prisons belges. L'éducation doit empêcher qu'une fois libérés, les prisonniers ne tombent dans l'assistance ou dans un circuit illégal. Il est significatif que les conférences et cours dispensés mettent l'accent sur la nation belge. Une formation professionnelle est assurée au Petit-Château à Bruxelles, à Merksplas, à Saint-Hubert et, ultérieurement, à Beverlo. Les femmes peuvent suivre des formations spécifiques dans la prison de Sint-Andries à Bruges.

Tuteurs

Nombre de collaborateurs restent sous le contrôle du Service de la rééducation, du reclassement et des tutelles à leur libération. En mars 1948, la section des tutelles gère 15.775 dossiers, dont 12.100 en exercice. Au 31 décembre 1949, on en compte 25.890 : 18.814 sont actifs, 6.080 sont clos et 996 doivent encore être activés. Les directives  indiquent clairement  l'objectif de la tutelle: “ le tuteur contribuera à la rééducation citoyenne et au reclassement des personnes dont le manque de  formation citoyenne  est une des causes du comportement fautif”.

Bibliographie

Aerts, Koen, Dirk Luyten, Bart Willems, and Paul Drossens. Was Opa Een Nazi? Speuren Naar Het Oorlogsverleden. Tielt: Lannoo, 2017.


Pour en savoir plus...

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