Qui ?
À partir de septembre 1939, le Secret Intelligence Service (SIS), service britannique de renseignement d’ordre international, joue un rôle majeur dans la résistance belge. Après l’épisode catastrophique de mai 1940, des agents sont de nouveau envoyés en Belgique occupée dès juin. Ils rétablissent des contacts et structurent des réseaux, comme Martiny‑Daumerie ou Mill, ou aident le service Clarence à sortir de son isolement après maintes tentatives de contacter Londres. La Sûreté de l’État belge n’est pas impliquée au début : ce n’est qu’en août 1941 qu’un accord de collaboration est conclu.
Les relations avec le gouvernement belge et la Special Operations Executive (SOE, « direction des opérations spéciales ») sont initialement difficiles. Le SOE, créé en juillet 1940, envoie des agents en Belgique à partir de mars 1941. Une coopération avec la Sûreté de l’État reste limitée jusque fin 1942 : après plusieurs sabotages ratés et des arrestations, cette collaboration est suspendue en août et un nouvel accord n’est signé qu’en novembre 1942. À partir de 1943, les opérations deviennent plus efficaces, notamment grâce à une coopération renforcée avec le ministère de la Défense nationale.
La Political Warfare Executive (PWE, « direction de la guerre politique ») reprend, à partir d’août 1941, des missions de guerre psychologique en lieu et place de la SOE. La première mission menée conjointement avec la Sûreté de l’État débute en janvier 1942, mais connait cette année-là quelques difficultés. En 1943 et 1944, plusieurs opérations sont réussies.
Créé en décembre 1939, la Military Intelligence Section 9 (MI9, « intelligence militaire section 9 ») se concentre sur l’organisation des évasions vers la Grande‑Bretagne. Jusque fin 1943, la MI9 agit de manière autonome, sans coordination avec la Sûreté de l’État. En 1944, des tensions apparaissent. Elles finissent par déboucher sur une collaboration plus étroite et à un contrôle belge plus marqué.
Quoi ?
Les archives de la SIS et de la MI9 restent fermées « pour des raisons de sécurité nationale ».
En revanche, les archives du SOE et de la PWE sont accessibles :
Environ 275 dossiers portant sur les très nombreuses missions que le SOE organise en Belgique occupée sont disponibles pour la recherche. Ces dossiers concernent surtout la mise en place de groupes de sabotage, l’organisation de l’Armée secrète, mais aussi les filières d’évasion et les actions de guerre psychologique. Cette série comprend également plusieurs listes d’agents et agentes de la section T (chargée de la Belgique), avec leurs noms de code et leurs identités réelles. La SOE conserve également 1654 dossiers personnels, dont plusieurs centaines sont pertinents pour la Belgique. On y trouve des rapports d’évaluations et de formation, des photographies, des rapports de terrain ainsi que parfois des articles de presse. Il existe aussi un registre nominatif des membres du SOE en Belgique (section T) et de leurs contacts. Les fiches indiquent les pseudonymes, les détails des réseaux et un aperçu des activités menées.
Les archives de la PWE regroupent plus d’une vingtaine de dossiers sur les missions conduites en Belgique occupée. Elles rassemblent des informations sur les agents et agentes, des comptes rendus d’activités, des messages et de la correspondance.
Où ?
- Les National Archives of the United Kingdom conservent les archives de la SOE (consultable en ligne via le moteur de recherche Discovery, les instructions détaillées se trouvent ci-dessous dans la partie « Comment ? »).
- Les Archives générale du Royaume 2, dépôt Joseph Cuvelier conservent des copies partielles des archives du SOE sur microfilm (consultable sur place, à chercher via le moteur de recherche Agatha, informations supplémentaires ci-dessous dans la partie « Comment ? »).
Comment ?
Chercher sur Discovery
Dans la plupart des cas, il suffit de saisir un nom et un prénom dans le moteur de recherche Discovery, pour vérifier s’il existe un ou plusieurs dossiers concernant la personne recherchée.
Pour obtenir facilement un aperçu des archives de la SOE en lien avec la Belgique, on peut taper « Records of Special Operations Executive » dans Discovery (ETAPE 1), puis cliquer sur le titre de la première description qui apparaît (ETAPE 2). En haut de l’écran, une petite arborescence (« You are in ») s’affiche (ETAPE 3). En cliquant ensuite sur « hierarchy » (ETAPE 4), on accède aux différentes séries de l’archive. Les liens vers ces séries se trouvent sur la partie droite de l’écran.
En sélectionnant HS 6, on accède à la sous‑série « Belgium » (ETAPE 5), qui rassemble notamment les dossiers relatifs aux nombreuses missions mises en place pour la Belgique. Ces dossiers sont classés sous les numéros HS 6/25 à HS 6/229 (on peut aussi les retrouver dans Discovery en utilisant ces numéros). Les 80 derniers dossiers de la sous‑série « Belgium » portent sur les relations avec les autorités belges et sur la situation de l’Armée secrète (pour ce dernier thème : HS 6/241 à 251). Ils contiennent également des informations sur les agents et agentes ou sur les personnes qui aident des individus recherchés ou en fuite (par exemple HS 6/237, 281, 282, 284‑286, 288‑292 ou 299).
La série HS 9 regroupe les dossiers personnels mentionnés plus haut (ETAPE 6). Ils sont classés par ordre alphabétique, et non par pays. Le pays n’est d’ailleurs pas indiqué, ce qui signifie que la recherche se fait uniquement par nom. Seuls les dossiers de personnes dont le décès est avéré ou qui sont nées avant 1925 sont consultables (en 2025).
La série HS 14 (ETAPE 7) concerne exclusivement la Belgique, mais comme les noms figurant sur les fiches ne sont pas intégrés dans la base de données des National Archives, il n’est pas possible de vérifier à distance quelles personnes y apparaissent. La série est librement consultable.
Pour les dossiers relatifs aux missions organisées en Belgique par la PWE, il faut se rendre dans la sous‑série FO 898 (ETAPE 8) : « P.W.E. Missions in Belgium : Agents, activities, reports, messages and correspondence ». Cette série est librement consultable, sauf indication contraire.
Chercher au dépôt Cuvelier
Une partie des dossiers de la série HS 6 concernant la Belgique existe en copie au dépôt Joseph Cuvelier. 27 dossiers peuvent être consultés sous forme de trois microfilms classés sous la cote « microfilm 203 ». Un aperçu du contenu de ces microfilms est disponible en salle de lecture du CegeSoma.





