Qui ?
La Confédération nationale des prisonniers politiques et ayants droit (CNPPA) rassemble dès le printemps 1946 la majorité des victimes de la répression nazie ainsi que leurs ayants droit. Les statuts de l’association sont publiés au Moniteur belge le 28 septembre 1946. À partir de 1947, l’organisation est dirigée par Léopold Ros. Elle veille à maintenir l’unité entre les prisonniers et prisonnières politiques, à faire reconnaître leurs droits et à obtenir une indemnisation juste, proportionnée aux dommages subis — en particulier pour celles et ceux qui ont souffert physiquement de la répression - , ainsi que pour les ayants droit des personnes disparues.
Pour soutenir ces victimes, la CNPPA s’appuie sur le Fonds des prisonniers politiques (Fonprispol), reconnu officiellement comme ASBL le 1ᵉʳ janvier 1946. Ce Fonds fonctionne comme service social de la CNPPA. Son activité semble s’arrêter vers 2005. Les archives du Fonds sont transférées au CegeSoma autour de 1990, puis à nouveau en mai 2008.
Pendant de nombreuses années, la CNPPA exerce une pression importante sur les autorités politiques belges. Elle joue notamment un rôle décisif dans la résolution de la « question royale », qui mène à l’abdication du roi Léopold III le 30 juillet 1950. À partir de 1952, l’organisation se fragilise en raison de groupes dissidents qui reprochent à certains responsables de ne pas prendre suffisamment de distance avec le monde communiste. Elle parvient toutefois à se réunifier lors du congrès du 2 juin 1957.
Dès cette date et pendant une vingtaine d’années, la CNPPA est présidée par un résistant liégeois, Albert Régibeau. Celui‑ci, comme ses successeurs Jacques De Bruyn et François De Coster, réussit à préserver un esprit national — puis fédéral — et pluraliste. Au début des années 2000, l’organisation regroupe encore la majorité des ancien·nes prisonniers et prisonnières politiques du pays. Elle publie au moins un périodique, Kracht, entre 1946 et 2004. En 2007 et 2008, elle remet son archive historique au CegeSoma. La CNPPA reste active aujourd’hui.
Albert Régibeau fonde également l’Union des prisonniers politiques et ayants droit des deux guerres mondiales de l’arrondissement de Liège. Cette association, affiliée à la CNPPA, semble avoir cessé ses activités quelques années après le décès de son fondateur. Elle transmet ses archives au futur CegeSoma à la même période. La CNPPA dispose d’ailleurs d’une forte implantation régionale, ce qui explique la présence de fonds intéressants dans plusieurs sections locales, notamment à Ostende ou dans la région de Mons et du Borinage.
Quoi ?
Les archives de la CNPPA sont volumineuses, mais ce sont surtout les centaines de petits dossiers individuels qui retiennent l’attention. L’organisation les constitue dans les années 1960 et 1970. Leur taille varie d’un seul document à plus d’une dizaine. On y trouve au minimum la correspondance entre la personne concernée et la CNPPA pour obtenir une indemnisation ou une augmentation de rente d’invalidité. Certains dossiers contiennent aussi des copies de l’attestation officielle de reconnaissance comme Prisonnier politique, des certificats, des médailles, des documents de la Commission des pensions de réparation, des états de service, des attestations d’invalidité, ainsi que — souvent sous forme de copies — des certificats médicaux ou des témoignages de supérieur·es dans la résistance.
Le fonds de la section CNPPA d’Ostende comprend 467 petits dossiers individuels, dont 398 concernent des prisonniers et prisonnières politiques reconnu·es.
Pour la région de Mons et du Borinage, un registre de fiches contient 1080 cartes classées par commune. Chaque fiche mentionne le nom, le prénom, l’état civil, la profession, le lieu, la date et la raison de l’arrestation, ainsi que la décision de la commission compétente pour la reconnaissance.
Les archives de l’Union des prisonniers politiques et ayants droit des deux guerres mondiales de l’arrondissement de Liège contiennent trois intéressantes séries. La première rassemble environ 2000 dossiers individuels contenant systématiquement une preuve d’affiliation à l’Union et un certificat peu informatif, parfois accompagné d’autres documents.
Le Fonds des prisonniers politiques (Fonprispol) est particulièrement précieux pour celles et ceux qui s’intéressent au sort des victimes de la répression allemande. Il comprend plusieurs milliers de petits dossiers individuels. Chaque dossier contient au moins une fiche A4 :
- au recto, des informations précises sur l’identité de la personne, sur une éventuelle organisation de résistance, sur la captivité, sur les affections médicales reconnues, sur les associations d’anciens combattants auxquelles elle appartient, sur les numéros d’autres dossiers liés, ainsi que sur la famille ;
- au verso, des données sur les dons (avec dates de paiement), sur d’éventuelles hospitalisations, et sur l’adresse.
Les dossiers incluent souvent de nombreux documents permettant de suivre l’évolution de l’état de santé du prisonnier ou de la prisonnière politique.
Où ?
Le CegeSoma gère les archives mentionnées ci-dessus (AA2048), mais elles sont consultables aux Archives générales du Royaume 2 – Dépôt Joseph Cuvelier. Voir la section « Comment ? » ci-dessous pour plus de détail (consultable sur place ; inventaire consultable en ligne).
Comment ?
Il existe un inventaire détaillé des archives da section ostendaise de la CNPPA permettant de retrouver les numéros de dossiers des prisonniers et prisonnières politiques à partir de leur nom, prénom, lieu et date de naissance, ainsi que du lieu de détention (AA 2331/1‑467).
Un outil similaire existe pour les dossiers individuels de l’Union des prisonniers politiques et ayants droit des deux guerres mondiales de l’arrondissement de Liège (AA 1173/1‑1489).
La liste des milliers de dossiers individuels conservés dans le Fonds des prisonniers politiques de la CNPPA (AA 1451) n’est pas consultable en ligne. Deux tiers des dossiers sont classés alphabétiquement ; pour les autres, il faut passer par une série de petites fiches organisées de la même manière.





