Qui ?
Le Mouvement national belge (MNB) est reconnu en septembre 1944. Le mouvement recrute principalement parmi la petite bourgeoisie conservatrice et la classe moyenne. Après la guerre, Camille Joset, fondateur du MNB, prend en charge la gestion et la liquidation de l’organisation. Le MNB continue aussi de publier, après la Libération, l’hebdomadaire La Voix des Belges, qui succède au journal clandestin du même nom. Dans les premières années 1990, le dernier dirigeant du mouvement, Julien Droesbeke, confie les dossiers individuels des membres du MNB au ministère de la Défense.
Quoi ?
Seules les archives nationales du MNB contiennent des dossiers individuels destinés à la reconnaissance des plus de 15 000 membres de l’organisation en tant que Résistants armés. Ces dossiers sont intéressants parce qu’ils comprennent, en plus du formulaire de l’Office de la Résistance et des attestations de reconnaissance présents dans les dossiers officiels du ministère de la Défense, une fiche individuelle que chaque volontaire doit remplir, une carte de membre du MNB et une fiche intitulée « État de service ». En réalité, ces documents apportent très peu d’informations supplémentaires. Leur principal avantage est d’avoir été rédigés avant le formulaire officiel, ce qui les rend plus proches de la situation réelle du ou de la résistant·e pendant l’Occupation.
Certains dossiers contiennent des formulaires relatifs à différents secteurs : l’« Escape Service » (aide aux aviateurs ou prisonniers de guerre), la section sabotages, la presse (clandestine), la section des actions armées, la récupération de parachutages, ainsi qu’une section « divers » (aide aux personnes refusant le travail obligatoire, aux familles de prisonniers politiques, soutien ou hébergement de personnes juives). Dans quelques dossiers, on trouve aussi de nouveaux échanges de courrier.
L’absence d’archives plus générales au niveau national signifie qu’on ne peut pas mener de recherche par commune ou par région sur l’ensemble du pays à partir de ces seuls documents. Cette lacune est partiellement compensée par d’autres archives du MNB conservées ailleurs. Ainsi, un autre fonds (36 dossiers) comprend notamment 150 à 200 fiches individuelles datant de l’automne 1945, concernant des résistant·es du MNB issu·es d’une quinzaine de communes :
- Région Renaix‑Audenaerde : informations sur les activités pendant l’Occupation et lors de la Libération ;
- Région Hainaut : listes de personnes fusillées (avec dates d’arrestation et de décès), de prisonniers politiques (avec dates d’arrestation) et de résistant·es reconnu·es par les commissions de contrôle de la province (plusieurs centaines de noms);
- Région Laneffe : liste des membres de la section locale.
Où ?
- Le Centre de Documentation historique de la Défense (CDH) conserve les archives provenant des liquidateurs du Mouvement national belge et de l’Armée de la Libération. Les dossiers individuels sont classés par ordre alphabétique (consultable sur place ; sur rendez-vous via info.ca@mil.be; sous condition que la personne recherchée soit décédée/autorise la consultation et que le document ne soit pas classifié).
- Le CegeSoma conserve les archives complémentaires du MNB (AA 1018), dont de Renaix-Audenaerde (dossier 12), du Hainaut (dossier 16) et de Laneffe (dossier 34) (consultable sur place ; inventaire consultable via Agatha).





