Belgique en guerre / Articles

Comité de Défense des Juifs

Thème - Résistance

Auteur : Styven Dorien

Une structure nationale

En août-septembre 1942, la Sipo-SD organise de grandes rafles à Bruxelles et à Anvers. Bon nombre de parents juifs se mettent à la recherche de lieux pour cacher leurs enfants, souvent sans résultat. Hertz (Gert) Jospa convainc le Front de l’Indépendance de créer, en septembre 1942, le Comité de Défense des Juifs (CDJ). Cette organisation a pour objectif de trouver les lieux d’hébergement. Les sept membres fondateurs sont juifs mais issus de tendances politiques diverses : Jospa est communiste, Benjamin Nykerk, de tendance modérée, Abusz Werber est un sioniste de gauche… Certains, tels Chaïm Perelman sont également liés à l’Association des juifs de Belgique, une structure officielle fonctionnant avec l’aval de l’occupant. Le CDJ met sur pied une ^puissante organisation locale et nationale. Des coopérations se nouent avec d’autres structure d’hébergement telles celles de l’abbé André à Namur et du père Bruno Reynders à Louvain ainsi qu’avec des institutions publiques dont des administrations communales et l’œuvre nationale de l’Enfance dirigée par Yvonne Nèvejean.

Hertz Jospa et Hawa Groisman
Institution : Kazerne Dossin
Collection : Fonds Maxime Steinberg
Droits d'auteur : Kazerne Dossin
Légende d'origine : Hertz (Gert) Jospa et son épouse Hawa (Yvonne) Groisman. Yvonne a joué un rôle important dans le fonctionnement de la section enfant du Comité de Défense des Juifs.

Sauver des vies

Des dizaines de membres de la section enfants du CDJ, Juifs et non-Juifs, cherchent des lieux pour abriter leurs protégés sous la direction de Maurice Heiber. Ils aideront quelque 3000 enfants juifs à se cacher dans des familles et des institutions. L’administration secrète de cette section est conservée sous forme de cahiers codés. Aidé par le service de falsification qui produit faux papiers d’identité et autres faux timbres de ravitaillement, la section adulte du CDJ prend en charge quelques centaines d’adultes. Il existe également une section distincte pour la collecte de fonds et la presse clandestine. Fin 1944, après la guerre, le CDJ se transforme en une organisation sociale, l’Aide aux Israélites Victimes de la Guerre. Plusieurs membres du CDJ, dont Andrée Geulen-Herscovici, se voient décerner le titre de « Justes parmi les Nations » octroyé par l’Etat d’Israël à des personnes qui ont sauvé des juifs de manière désintéressée.

Andrée Geulen et Ida Sterno
Institution : Kazerne Dossin
Collection : Fonds Suzanne Moons et Andrée Geulen
Droits d'auteur : Kazerne Dossin
Légende d'origine : Andrée Geulen (à gauche) et Ida Sterno, co-fondatrices de la section "enfants" du Comité de Défense des Juifs.
Comité de Défense des Juifs
Institution : Kazerne Dossin
Collection : Fonds Suzanne Moons et Andrée Geulen
Droits d'auteur : Kazerne Dossin
Légende d'origine : Charles Skalka (4 ans) et Jacques Skalka (3 ans) lors de la libération. Les deux frères ont été sauvés par le Comité de Défense des Juifs.

Bibliographie

STEINBERG Lucien, Le Comité de Défense des Juifs en Belgique, Brussel, 1973.

STYVEN Dorien, “Populaire mythevorming rond het Joods Verdedigingscomité”, in Les Cahiers de la Mémoire contemporaine - Bijdragen tot de eigentijdse Herinnering, nr. 11 (2014), pp. 157-201.

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