Belgique en guerre / Articles

Vrijschutter (De)

Thème - Résistance

Auteur : De Wilde Lisa (Institution : Stagiaire Histoire publique, Université de Gand)

De Vrijschutter est un journal clandestin édité à Hal de janvier 1941 à août 1944. L’initiative en revient à Jean Devillé, échevin catholique local et déjà associé à la parution d’un journal clandestin durant la Première Guerre mondiale, et à Auguste De Maeght, ingénieur et bourgmestre catholique de l’entité. De Vrijschutter compte 4 à 6 pages par numéro. Son tirage atteindra de 17.000 à 28.000 exemplaires. Le journal est diffusé dans la partie néerlandophone du pays. On y retrouve parfois des photographies ou des caricatures.

De Vrijschutter est un journal clandestin de premier plan lorsqu’on sait que la durée de vie moyenne d’un journal de ce type est d’un an et que très peu d’entre eux ont connu un tirage supérieur à 1000 exemplaires.

Un risque conséquent

Réaliser un journal clandestin tel De Vrijschutter est une entreprise collective difficile qui n’est pas dénuée de risques. Peu nombreux sont ceux qui osent prendre une telle initiative face à l’occupant. Jean Devillé et Auguste De Maeght ne sont pas seuls à la manœuvre. Le journal bénéficie notamment de l’appui de fonctionnaires de l’administration communale de Hal.

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Institution : CegeSoma
Légende d'origine : De Vrijschutter, mars 1941

Objectifs

L’objectif du journal est en premier ressort de s’opposer à l’occupant. Il se montre également critique à l’encontre de l’attitude pro-allemande des mouvements de collaboration, dénonce la dictature hitlérienne, le travail obligatoire, etc. Le journal lutte contre une annexion de la Flandre par l’Allemagne, mettant également en avant les différenciations culturelles entre les deux entités. Le journal reste d’ailleurs très attaché à l’idée d’une Belgique libre et unie laissant une place à la Flandre. 

Du clandestin à l’action

De Vrijschutter est un organe important, de sensibilité catholique et pro-flamande. Certains n’hésitent pas à comparer son influence à celle, côté francophone, de la Libre Belgique/Peter Pan. Si le journal en appelle bien évidemment à la lutte contre l’occupant, il recommande surtout des formes d’action de résistance civile, gardant ses distances avec la résistance armée. Dans son dernier numéro, il croise le fer avec La Voix des Belges, insistant sur l’importance de la résistance en Flandre, que le journal clandestin francophone marginalise quelque peu.

Bibliographie

Boeckx, Bert, Gert De Prins en Bruno De Wever, eds. Tegendruk. Geheime pers tijdens de Tweede Wereldoorlog. Gent: Amsab-ISG, 2004. https://warpress.cegesoma.be/s...

Gotovitch José, (ed.), Etienne Josse, Yannick Hostie, Dirk Martin en Jacques Wynants, Guide de la presse clandestine de Belgique. Bruxelles, CREHSGM, 1991. https://warpress.cegesoma.be/s...

Maerten, F. “Clandestiene pers in WOII.” The Belgian War Press. consultation 18.11.2019. https://warpress.cegesoma.be/nl/node/13

Consultation complète en ligne:https://warpress.cegesoma.be/f...