Qui ?
La Sûreté de l’État belge naît en 1929 comme une section de la Sécurité publique. Après la défaite de mai 1940, le service se désagrège. Il est cependant recréé en novembre 1940 par le gouvernement belge en exil à Londres. L’une de ses premières missions consiste à mettre sur pied un service de renseignement chargé, avant tout, de rétablir le contact avec la Belgique afin de recueillir des informations sur la situation dans le pays occupé. La Sûreté mène aussi des actions, se charge de la conduite de la guerre sur le plan politique et organise des évasions depuis les zones occupées. À partir de juin 1943 et jusqu’en septembre 1944, William Ugeux dirige sa section « renseignements et actions ».
Très souvent, la Sûreté collabore avec des services secrets britanniques comme la Special Operations Executive (SOE, « direction des opérations spéciales »), la Political Warfare Executive (PWE, « direction de la guerre politique »), la Military Intelligence Section 9 (MI9, « intelligence militaire section 9 ») et, surtout pour les renseignements, la Secret Intelligence Service (SIS, « service de renseignements secrets »).
La Deuxième Section du ministère de la Défense nationale est, elle aussi, réactivée en décembre 1940, avec un mandat centré sur les missions militaires. En 1942, son rôle est redéfini : dans les territoires occupés, elle est chargée de former et d’armer la future Armée secrète, ainsi que de préparer et mener des sabotages et des opérations militaires en vue d’une éventuelle offensive alliée. Ces activités se déroulent en étroite collaboration avec la SOE.
La Compagnie des subsistants, créée en août 1942, est placée sous la gestion conjointe de la Sûreté de l’État et de la Deuxième Section. Il s’agit d’une unité administrative qui encadre les agent·es appelé·es à partir en mission spéciale en Belgique occupée. Par la suite, cette compagnie devient également un service d’accueil pour les agents qui arrivent en Grande-Bretagne.
Quoi ?
Les archives de la Sûreté de l’État sont réparties entre les documents produits par l’institution elle‑même et ceux rassemblés par William Ugeux. Les archives de l’institution installée à Londres sont intégrées dans les dossiers constitués immédiatement après la guerre pour traiter les demandes de reconnaissance du statut d’agent de renseignements et d’action : on les retrouve dans des dossiers généraux ainsi que dans certains dossiers personnels d’agents ayant opéré depuis la Grande‑Bretagne.
Le fonds William Ugeux complète utilement les informations contenues dans ces dossiers généraux de la Sûreté de l’État. Il couvre la période 1940‑1947, avec une forte concentration de documents entre 1942 et 1945. Ces pièces concernent principalement des agents opérationnels envoyés en mission, les services de renseignement actifs en Belgique occupée et les réseaux belges présents en France. La plupart des dossiers individuels se trouvent dans des chemises consacrées aux réseaux, aux missions et aux déplacements. Le fonds comprend aussi un registre de 600 pseudonymes utilisés pendant la guerre, accompagné de données d’identification des personnes qui portent ces noms. Ce registre a été établi par le journaliste et chercheur Etienne Verhoeyen (BRTN).
Les archives de la Deuxième Section du ministère de la Défense nationale à Londres regroupent plusieurs centaines de boîtes. Les documents les plus intéressants se trouvent dans les sections « Télégrammes », « Correspondance », « Dossiers personnels » et « Dossiers ». Les « Dossiers » sont particulièrement précieux : ils rassemblent une quantité considérable d’informations sur chaque mission organisée par la Deuxième Section, et en particulier sur les agents envoyés en territoire occupé. On y trouve des signalements, des rapports britanniques et belges sur leur formation, des échanges de lettres, des descriptions de mission, des rapports rédigés par l’agent à son retour, ainsi que l’évaluation des résultats par ses supérieurs.
Les registres de la Compagnie des subsistants sont également conservés. Ils contiennent des données sur l’identité, les missions, le grade et l’affectation des agents.
Où ?
- Le CegeSoma conserve, en ce qui concerne les Services de renseignement et d’action, les dossiers généraux et individuels (cote AA1333, consultables sur place, moyennant autorisation).
- Le CegeSoma conserve les archives de William Ugeux (cote AA 884, consultables sur place). L’inventaire détaillé est consultable en ligne sur Agatha, l’environnement de recherches en ligne des Archives de l’État.
- Le Centre de documentation historique de la Défense (CDH) conserve un inventaire des archives de la Deuxième Section du ministère de la Défense nationale avec un registre des noms facilitant la recherche d’une personne résistante spécifique (consultable sur place, sous autorisation).
- La Fraternelle des agents parachutistes conserve les registres de la Compagnie des subsistants (consultable sur place).





