Qui ?
L’Amicale des prisonniers et prisonnières politiques rescapés du convoi du 3 septembre 1944 renvoie à un véritable acte de bravoure accompli par des cheminots et cheminotes belges.
Le 2 septembre 1944 au matin, 1500 prisonniers et prisonnières politiques belges sont transféré·es de la prison de Saint-Gilles vers la gare de Bruxelles-Midi pour être déporté·es en Allemagne. Comme les cheminots savent que l’arrivée des Alliés est imminente, ils ralentissent volontairement le départ du train et le font avancer très lentement jusqu’au triage de Muizen, près de Malines, où le convoi reste immobilisé toute la nuit.
Le lendemain, 3 septembre, la ligne vers Anvers étant désormais coupée, le train est ramené à Bruxelles. Au même moment, des négociations entre les plus hauts responsables allemands, des représentant·es de la Croix-Rouge et les consuls de pays neutres aboutissent à la libération de toutes les personnes détenues pour raisons politiques dans la capitale. Les individus juifs et non juifs du « train fantôme » sont ainsi sauvé·es.
La création de l’Amicale intervient très rapidement après la Libération, sous l’impulsion du résistant René Ponty. L’association reste active jusqu’en 1993. Peu après, ses archives sont versées au CegeSoma.
Quoi ?
Dès la fin de l’Occupation, l’Amicale demande à ses centaines de membres de remplir un formulaire détaillé. Ce document de quatre pages interroge leur identité, les circonstances de leur arrestation, les conditions de leur détention, leur expérience dans le « train fantôme » et leurs activités patriotiques.
Dans de nombreux dossiers, ce formulaire est accompagné de correspondances. D’autres dossiers ne contiennent qu’une fiche brève avec des données biographiques et des informations sur les mesures répressives allemandes subies. La série n’est toutefois pas complète.
Les archives comprennent également des milliers de fiches individuelles. Chacune mentionne le nom, le prénom, la profession, le domicile, le lieu et la date d’arrestation, ainsi que le parcours de la personne dans l’univers répressif de l’occupant. Il ne s’agit pas nécessairement de personnes libérées du « train fantôme », ni même de personnes ayant été détenues à Saint-Gilles.
Où ?
Le CegeSoma gère les archives mentionnées ci-dessus, mais elles sont consultables aux Archives générales du Royaume 2 – Dépôt Joseph Cuvelier. On trouve dans l’inventaire de l’Amicale les premières lettres des noms des personnes pour lesquelles un dossier est présent dans les liasses (AA 1673/3-30 et AA 1714/1-7). Les fiches individuelles mentionnées plus haut sont inventoriées selon le même principe (AA 1673/1-2) (consultable sur place ; inventaire consultable en ligne).





