Qui ?
Le Service D n’est officiellement reconnu qu’à partir du 23 février 1961. Cette organisation, fondée à Liège par l’instituteur Joseph Joset, se spécialise dans l’interception de lettres dénonçant des membres résistant·es et dans l’alerte rapide des personnes menacées lorsqu’un danger imminent se profile. Elle transmet également des informations au réseau de renseignement Zéro, met en place une filière d’évasion pour des prisonniers et prisonnières de guerre et des pilotes alliés, et mène de petites actions de sabotage.
Le mouvement se développe surtout à partir de 1942 et reste principalement actif dans les provinces de Liège, du Luxembourg et du Limbourg. Jusqu’en 1961, les membres du Service D doivent introduire leur demande de reconnaissance via le Groupe G. Les archives liées à la liquidation de l’organisation sont ensuite confiées au CegeSoma, probablement dans les années 1980.
Quoi ?
Trois ensembles d’archives du Service D sont conservés. Le premier fait en réalité partie des archives du Groupe G. Il rassemble plusieurs listes, notamment celles des membres décédé·es ou arrêté·es, ainsi qu’une cinquantaine de petits dossiers individuels relatifs aux décisions concernant des membres du mouvement. Outre la notification officielle de ces décisions et le formulaire classique de l’Office de la Résistance, ces dossiers peuvent contenir des propositions de distinctions honorifiques, des documents issus de la commission de révision de Liège ou encore des demandes d’information adressées à l’Office de la Résistance.
Le second ensemble, lié à la liquidation du Service D, est plus volumineux. Il comprend :
- une vingtaine de rapports d’activités ;
- une liste des membres du Service D reconnus comme « résistants armés » (la liste ne couvre toutefois que les noms de A à Heens) ;
- une trentaine de fiches manuscrites pour la section de Bressoux, ainsi qu’une cinquantaine de fiches concernant des agent·e·s de la région Visé‑Montzen ;
- environ 500 dossiers (de Califis à Joseph Joset) contenant l’attestation officielle de reconnaissance comme prisonnier politique, résistant civil ou résistant par la presse clandestine ;
- et surtout plusieurs centaines de dossiers individuels comprenant un à cinq pièces, dont toujours la fiche du Service D mentionnée plus haut.
Enfin, un troisième ensemble concerne l’association d’anciens combattant·es de cette organisation, fondée après la guerre. On y trouve 1606 dossiers individuels constitués en vue de la reconnaissance des membres du mouvement. Ils contiennent au minimum l’attestation et le formulaire habituels de l’Office de la Résistance, auxquels s’ajoutent des documents administratifs et, dans certains cas, une proposition de distinction honorifique. Ces dossiers sont en quelque sorte une copie des dossiers officiels de l’Office de la Résistance.
Où ?
- Le CegeSoma conserve les archives du Service D (AA1048), à l’exception de celles de l’association des anciens combattants du service. Ils sont classés par ordre alphabétique et se trouvent dans le dossier 10 ainsi que dans les sept boîtes constituant l’ensemble 12.2. La partie du fonds du Service D intégrée aux archives du Groupe G (AA977) se trouve dans le dossier 42.4 (consultable sur place ; inventaire consultable en ligne via Agatha).
- L’Atelier liégeois pour la promotion de l’histoire et des archives sociales (ALPHAS) conserve les archives de l’association des anciens combattants du Service D. Il existe un inventaire pièce par pièce (consultable sur place).





