Belgique en guerre / Articles

Répression populaire

Thème - Collaboration - Justice

Auteur : van Haecke Lawrence (Institution : ERM)

La colère populaire après quatre années d'Occupation

Dans tous les pays libérés, la population s'en prend aux suspects, à leurs familles et à leurs biens. En Belgique, la répression populaire se déroule en deux phases : une première vague a lieu lors de la Libération, en septembre-octobre 1944 et une deuxième après la reddition de l'Allemagne en mai 1945. Le gouvernement Pierlot impose aux bourgmestres d'interner les suspects mais la plupart refusent d’assumer cette responsabilité. La gendarmerie et la police sont en sous-effectifs et mal armés; la population prend donc les choses en mains. La résistance n’intervient pas pour organiser les arrestations mais se retrouve, par son autorité morale, souvent à l’initiative.

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Antwerpen.Sint-Jozefskerk - Stadspark 4/9/1944.

Archives de la série Inédits, 19/11/2003, RTBF 

Le chaos

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Non légendée

Dans tous les pays, la répression populaire s'accompagne de violences physiques, d'humiliations et de mauvais traitements. Les images de femmes rasées, de maisons pillées, de meubles détruits et de façades couvertes de croix gammées se retrouvent partout. Plusieurs arrestations ont lieu en toute illégalité, sans ordre d'internement ou sur seule base de vagues accusations. En Belgique, les suspects sont envoyés en prison mais aussi dans des bâtiments aménagés de manière provisoire comme des usines, d'anciennes abbayes et des immeubles abandonnés. On estime qu’une dizaine de personnes décèdent suite aux coups, lynchages voire exécutions illégales. Ce chiffre est de loin inférieur aux milliers de morts enregistrés en France.

On emprisonne en masse

Au total, entre 50.000 et 70.000 personnes se retrouvent en prison ou dans un camp d'internement dans les mois qui suivent la Libération. Ces arrestations peuvent être provisoires ou de longue durée. Les pouvoirs publics mettent en place des commissions consultatives afin de séparer au plus vite le bon grain de l'ivraie. Les dossiers sont examinés au cas par cas et, si nécessaire, les prévenus sont relâchés. Le nombre d’internés augmente à nouveau après la capitulation allemande avec, à la fois, le retour en Belgique de suspects et celui des déportés qui dévoilent publiquement les atrocités des camps de concentration. Pour la deuxième fois, le peuple s’attaque à ceux qui sont soupçonnés de collaboration. Les scènes de violence de septembre 1944 se répètent et certains sont jetés en prison pour la deuxième fois. Finalement, les esprits se calment après l'été 1945. À partir de ce moment, le nombre d'emprisonnements suit une courbe descendante qui ne s'interrompt plus.

Bibliographie

Aerts, Koen, Dirk Luyten, Bart Willems, and Paul Drossen. Was Opa Een Nazi? Speuren Naar Het Oorlogsverleden. Tielt: Lannoo, 2017.

Aerts, Koen. “Repressie Zonder Maat of Einde?” De Juridische Reïntegratie van Collaborateurs in de Belgische Staat Na de Tweede Wereldoorlog. Gent: Academia Press, 2014.

Grevers, Helen. Van Landverraders Tot Goede Vaderlanders : De Opsluiting van Collaborateurs in Nederland En België 1944-1950. Amsterdam: Balans, 2013.

Van Haecke, Lawrence. “Repressie En Epuratie. De Bescherming van de Uitwendige Veiligheid van de Staat Als Politiek-Juridisch Probleem Tijdens de Belgische Regimecrisis (1932-1948).” Ph.D. Thesis, Universiteit Gent, 2014.


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