Qui ?
Alors que le statut de Résistant civil est principalement porté par le Front de l’Indépendance (FI), celui lié à la presse clandestine relève surtout du travail de l’Union nationale de la Presse clandestine (UNPC). Cette union se constitue officiellement en ASBL le 20 décembre 1945.
L’organisation compte neuf sections provinciales et est dirigée par son secrétaire fédéral, Léopold Lejeune, résistant du Mouvement national belge. Elle se donne pour mission de rassembler toutes les personnes qui ont participé au travail de résistance par des publications ou des tracts clandestins.
Même si les conditions d’adhésion à l’UNPC sont strictement vérifiées par une commission nationale, l’organisation regroupe rapidement entre 4000 et 5000 membres. Sa préoccupation centrale est l’instauration d’un statut de Résistant par la Presse clandestine.
L’UNPC reçoit une reconnaissance officielle par arrêté du Régent le 9 février 1949. Elle prend alors en charge l’organisation et la vérification des dossiers de ses membres pour l’obtention du statut. À partir du début des années 1980, les archives du secrétaire fédéral sont progressivement transférées au CegeSoma.
Parmi les membres de l’UNPC, on retrouve l’organisation patriotique indépendante Vrank en Vrij, qui publie dès septembre 1940 à Anvers le journal clandestin Het Vrije Woord, puis à Bruxelles à partir de 1943 les titres Vrank en Vrij et Das Freie Wort. Le fondateur et figure centrale du groupe est Henri Mandel (1896‑1953). Il joue ensuite un rôle important dans la reconnaissance des membres de son groupe et dans le fonctionnement de la section provinciale anversoise de l’UNPC.
Quoi ?
Les archives du secrétariat fédéral de l’UNPC rassemblent plusieurs séries de listes, de fiches et de dossiers individuels. Parmi ces listes, on retient notamment les listes de « martyrs » établies pour le Rassemblement national de la jeunesse (RNJ), qui dépend du FI, ainsi que celles concernant l’ensemble des membres du FI actifs dans la presse clandestine. Dans cette dernière liste figurent, pour chaque province, le nom, le prénom, le domicile et le lieu de décès de chaque victime. Une liste spécifique pour la province de Liège précise également les circonstances du décès.
Les nombreuses fiches des membres de l’ASBL sont particulièrement instructives : au recto, on trouve des données personnelles détaillées, la fonction militaire de la personne, d’éventuelles distinctions honorifiques et des informations sur les mesures de répression allemandes subies ; au verso, des renseignements sur l’engagement pendant l’occupation, comme la période de résistance, le type d’activité, les titres clandestins concernés, d’autres actions menées ou encore les noms des mouvements de résistance. Ces fiches, qui concernent plusieurs milliers de résistant·es, ne sont pas conservées de manière complète pour toutes les provinces : il en reste peu pour Anvers, aucune pour le Limbourg et le Luxembourg. Pour Liège, la série est complète pour l’arrondissement de Verviers, tandis que celle de l’arrondissement de Liège s’interrompt brusquement à la lettre R. Le registre sur fiches semble complet uniquement pour le Brabant, la Flandre occidentale, la Flandre orientale, le Hainaut et Namur.
Les plus de 6000 petits dossiers individuels méritent une attention particulière. La série la plus volumineuse concerne les reconnaissances posthumes : elle compte 3117 dossiers. Un dossier sur trois ne contient qu’une feuille manuscrite indiquant, en plus du nom et des prénoms de la personne, le numéro de dossier du statut de Résistant par la Presse clandestine, la date et le lieu de naissance et de décès, l’activité clandestine, le ou les journaux concernés, la période d’activité et l’adresse des ayants droit. Certains dossiers contiennent aussi une photo, l’attestation officielle de reconnaissance comme Résistant par la Presse clandestine et comme Prisonnier politique, ainsi que la liste des distinctions honorifiques attribuées.
Une autre série concerne environ 1900 membres de la section du Brabant. Ces petits dossiers comprennent une fiche recto‑verso similaire à celles décrites plus haut, ainsi que divers documents administratifs.
Environ 900 autres mini‑dossiers portent sur des distinctions honorifiques attribuées ou proposées. Les archives comprennent également environ 250 petits dossiers individuels contenant un à trois documents (attestation officielle, correspondance, proposition de distinction), ainsi qu’une soixantaine de dossiers plus volumineux incluant des attestations, des coupures de presse et davantage de correspondance.
Les archives d’Henri Mandel concernant le groupe Vrank en Vrij rassemblent diverses listes de membres, de la correspondance et surtout des dossiers individuels contenant des attestations et d’autres documents destinés à la reconnaissance comme Résistant par la Presse clandestine. On y trouve aussi des listes des membres de l’UNPC de la province d’Anvers et des personnes de cette province décédées en raison de leurs activités clandestines.
Où ?
- Le CegeSoma conserve les archives de l’Union nationale de la Presse clandestine (AA1056). Une archive ne contient que les fiches (AA 1853). Le numéro de dossier est indispensable pour consulter les documents (consultable sur place ; sur rendez-vous en fournissant le n° de dossier, le nom/prénom et la date de naissance).
- La base de données Resistance in Belgium contient les données des membres de l’UNPC. En introduisant un nom, on accède à une fiche biographique accompagnée de la référence du numéro de dossier. On peut aussi chercher selon des critères géographiques (consultable en ligne).
- L’Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis (« Institut international d’Histoire sociale ») conserve les archives d’Henri Mandel (consultable sur place ; inventaire consultable en ligne).





