Belgique en guerre / Articles

Collaboration en Wallonie

Thème - Collaboration

Auteur : Conway Martin (Institution : University of Oxford)

Une minorité

La collaboration en Wallonie durant la Seconde Guerre mondiale a souvent été perçue comme une pâle imitation de ce qui s’est développé en Flandre. En fait, les identités régionales y sont assez différentes. Il n’y existe aucun mouvement ethnique ou régionaliste comparable au Vlaams Nationaal Verbond (VNV) en Flandre, et le nombre d’enrôlés dans des mouvements pro-allemands y a été plus faible. Plus significatif encore, la présence même de mouvements de collaboration en Wallonie était nettement moins marquée.

Les partisans de la collaboration – essentiellement des rexistes– ont été placés à des postes à responsabilités dans la plupart des grandes villes et communes wallonnes mais leur pouvoir effectif est resté très faible. En outre, les hérauts de la collaboration sont devenus, à partir de 1942, une petite minorité coupée du reste de la population. 

274125.jpg
Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Non légendée

Une comparaison tronquée

5864.jpg
Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Le V allemand sur le théâtre à Mons.

En réalité, la comparaison avec la situation en Flandre offre une image tronquée de la collaboration en Wallonie. Aucun cheminement naturel ne liait le sentiment wallon et le soutien au Troisième Reich. En effet, ce sentiment régional tel qu’il s’était timidement développé avant les années quarante, était généralement associé aux courants politiques de gauche et à une sympathie à l’égard de la France. Dès lors, certains mouvements wallingants – comme la Communauté culturelle wallonne et, par la suite, le Cercle wallon, pro-SS – qui ont émergé durant la guerre sous une forte mainmise des Allemands n’ont pas réussi à intéresser un public significatif. 

Ordre nouveau

Cependant, l’audience potentielle pour un sentiment germanophile en Wallonie est à chercher ailleurs, parmi les mouvements autoritaires gravitant autour de l’Ordre nouveau qui se sont établis pendant les années trente. Le plus important d’entre eux étant le mouvement rexiste de Degrelle apparu dès l’entre-deux-guerres. Un certain nombre de ses membres ont résolument opté, dès 1941, pour l’opposition à l’occupant, fournissant des militants parmi les plus actifs de groupements de résistance patriotiques. Mais d’autres se sont identifiés à l’Ordre nouveau européen initié par les nazis. La contribution de Rex a été de fournir une assise à de telles aspirations, avant de devenir un symbole de la collaboration anti-belge et illégitime, conséquence des choix opportunistes et extrémistes de Degrelle

40596.jpg
Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : [Auditorat général]

Mémoire

Cette fragmentation des courants favorables aux Allemands explique la faiblesse de la mémoire de la collaboration en Wallonie. Après la Libération, aucun mouvement n’a pris la relève, et bien peu de personnes ont souhaité s’identifier au choix de la collaboration en Wallonie.

Pour en savoir plus...

283554 Articles Rex Conway Martin
12260.jpg Articles Communauté culturelle wallonne Devillez Virginie
12577.jpg Articles Ordre nouveau De Wever Bruno