Belgique en guerre / Articles

Groupe Voorwaarts

Thème - Collaboration

Auteur : Kesteloot Chantal (Institution : CegeSoma)

Un groupe pluraliste

En septembre 1999, une vingtaine d’intellectuels flamands – connus sous le nom de « Groupe Voorwaarts » – ont lancé à un appel à « aller de l’avant sans oublier », faisant ainsi référence à la collaboration et à la répression qui s’en est suivie. Cet appel a lieu quelques mois après les controverses liées à la proposition de loi d’Herman Suykerbuyk qui prévoyait d’indemniser toutes les victimes de la guerre, de la répression et de l’épuration. S’ils ne contestaient nullement l’idée que la collaboration était une lourde faute historique, ils n’en dénonçaient pas moins la manière dont le mouvement flamand avait été discrédité du fait de cet engagement. Ce qui distingue le groupe, c’est sa dimension pluraliste, des nationalistes flamands démocrates à l’extrême gauche. L’appel suscite un large intérêt… en Flandre et un intérêt poli mais froid dans le monde francophone.

Le pardon historique

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Institution : CegeSoma
Droits d'auteur : Droits Réservés
Légende d'origine : Non légendé

Un an plus tard, un des membres du groupe s’exprimant à titre personnel, l’historien Frans-Jos Verdoodt – lui-même fils de collaborateur – prononçait un pardon historique pour la collaboration depuis la tribune du pèlerinage de l’Yser. Cette déclaration a connu un large retentissement mais a également été le signe d’une rupture dans les milieux nationalistes flamands.

La résolution du Parlement flamand

L’initiative du groupe n’est pas restée lettre morte. Celui-ci s’est vu attribuer le prix du gouvernement flamand en 2001. Après une journée d’étude au cours de laquelle un dialogue a été noué avec des historiens francophones, le Parlement flamand a adopté le 20 mars 2002 une résolution condamnant tant la collaboration que les erreurs commises dans le cadre de la répression tout en soulignant que l’une et l’autre ne peuvent être mises sur le même pied. La résolution réaffirmait aussi l’attachement de la Flandre aux principes démocratiques et sa volonté de combattre toutes les idéologies extrémistes, racistes ou fascistes. 

Bibliographie

Gotovitch, José, et Chantal Kesteloot, Collaboration, répression : un passé qui résiste, Bruxelles: Labor, 2002.

Aerts, Koen. « Repressie zonder maat of einde? » De juridische reïntegratie van collaborateurs in de Belgische Staat na de Tweede Wereldoorlog. Gent: Academia Press, 2014.


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